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Voyage autour d'une pièce...
LITTERATURE
Écrit par Patinet Thierri   
Vendredi 30 Décembre 2005 à 18:51
Voyage autour d'une pièce...



Un jour !

Oui, ce jour fantastique qui m’a vu marcher sur cette Terre, ce jour dans la seconde de nos amours et de nos rêves vécus de forte essence dans la plaine des villes aux monts de gravure immortelle, azur de la senteur de la moisson des plus beaux troupeaux, ce jour que j’ai quitté pour vivre la rencontre des crépuscules, là où tout est Vie !

Il était de la plante à peine née des vaisseaux le corps de sève embellie, signe fertile dont la marche couvait dans le nuage des charmes une plainte douce, coeur de mâts d’argent dont l’or des poulpes sur la grève dansait une lueur de ciel, des herbes folles la couleur des montagnes et des nefs aux regards d’acropoles, lustre des âges et des perceptions dans lequel j’avançais, laissant derrière moi des couleurs d’amours et de passions ces sites nébuleux où chantent d’ébènes des villes fières dont la mâture solaire est un secret pour la divination, l’oasis du coeur du plus beau partage dont la sphère diurne de ses mains sculpte une statuaire divine.

Nuage mage, aux confins de la Terre, brume grandiose au seuil du futur, je parcourais ce vent d’éther, irradiant de châteaux en châteaux d’une vision solide et matérielle, boule phosphorescente qu’une autre planète a vu, qu’un autre oeil devinait au jeu de parchemin de galères mauves dont la nuit appelait de toutes ses entrailles le savoir pour mon âme et la concrétisation du devoir pour mon coeur, prière invisible qu’un papillon sur la lune des Déesses contemplait et riait à la fois dans le rose silence d’une aile vertigineuse dont le sens enivrant fulgurait de l’Eden le pourpre futur.

Voie de ce départ unique dans la souplesse du songe j’allais de plus grande enfance sourire d’un serment, la fuite constructive de cet hymne langoureux, plein de force, comblant d’éveil mon âme de sortilège, un vaisseau azuré guidant en l’espace mes pas sur un chemin ensorcelé, gestuel d’une alchimie où la compétence d’un Temple sacré irisait chaque affluent des plus proches aux plus lointains afin de m’avenir dans un épanouissement graduel la vérité de l’Univers, site de l’Absolu Eternel, vague transcendante me faisant entrevoir une rive immaculée, affinement où je pénétrais, monade cosmique...

Corps d’Astre vierge, je prenais ce fleuve de guerre loin des armes et du sang, là, sans fanions, larmes des titans, d’une sève la complainte, éveil cristal d’une armée de paix, je souriais de joie ce miracle et d’une couleur dans la mer déclinant la féerie des algues pour m’offrir un passage somptueux, j’avançais, garde de l’Amour, au milieu de mille danses, d’arceaux la gloire, sous une pluie bleue dissipant son élégance aux ramifications de palmes et de lauriers avenir de nos cimes, flamme vivace du soleil éclatant les cieux d’étoiles exfoliées!

Dans ce cri d’Amour mon retour s’annonçait, solitaire aux plaies nées des oiseaux dont les coeurs palpitaient l’horizon, signe suivi, enchanté en même temps que les fleurs éphémères criant au même son que les alouettes le chant des nefs écloses, nuages sur la tempe gracile des lianes fertiles s’exondant au lac où les éléments, rosée du Printemps, miel de l’Eté, pudeur de l’Automne, corps de l’Hiver, saisons, recevaient la myriade des éperviers parcourant la nuit ouatée des rayons d’étoiles mères...

Oeuvre élevée où mon pas un instant s’arrêtait, fête des aulnes dont le serment semblait d’ailleurs, dont le jeu charnel dans la crise intense de la Vie s’évertuait présence immobile dans un mouvement continu s’apparentant perpétuation du statisme, évolution gracieuse que je couvrais d’un tendre regard nanti de la gravité de l’éblouissante perfection que la Nature engendre au chevet de la quiétude et de l’oubli comme la fleur d’un pétale la rosace des âmes d’un sillon, 0 partage spirituel allant d’une simple source messager la mémoire d’un parfum grandiose et solaire, ce sol d’Humanité, mon but !

Je marchais cette rencontre dans un désert d’algues, au miroitement de la solitude, parchemin de mirages, lactescence impossible â croire au néant d’abeilles fleurissant de jasmin une montagne sérielle, harmonieuse vitalité comblant les cavités de la raison comme de la déraison, sublimes imaginations qu’une folie rongeait de perles, de plage la grandeur régnante de la réalité et non plus de cette tristesse dont les lacunes de l’inharmonie chronique sont les parfums, essence fratricide qui ressemble aux miasmes de la rencontre de deux Etres et qui s’avère n’être que le présage de leur unité dans l’unité réelle...

0 tempête qu’un unique vaisseau traversait sans plaintes ni regards si tant pamoison du réveil du monde et de sa grandeur, sève fantastique sur les crêtes des montagnes des mers, à l’Océan livré à la fureur de l’instinct, chevauchant les frises de l’espoir et du désespoir, mâle assurance dont les grappins grinçaient un chant de quintessence et de noblesse qu’un seul embrun pouvait rompre comme la larme fertile d’un enfant sous le coup d’une perte irréelle, présage d’un avenir si dense où mon regard s’éperdait car symbole d’un Univers qui à jamais dans ma mémoire restera un signe, si tant secret de l’adolescence et de son Chant !

Règne naissant d’une chevauchée l’allégresse, royaume de perles suffrage des voûtes célestes dont la porte ouverte et immense sur l’Amour d’un seul éclat irradiait un char d’or, surface ravissante de la fleur aimée et tendre, coeur d’une femme de source, sève des plus belles ententes à l’Unité trouvée, femme d’un cycle le cycle de la pureté du langage des sens éveillés, seuil de la plus formidable incantation que la Nature vécue, Absolu de la Matière Spirituel, renaissance totale du couple larguant l’amarre de ses rives profondes pour s’éveiller au regard novateur de ses étreintes et de ses rêves, double hélice de la vie et de la floralie du monde ne formant au terme plus que l’Unité essentielle de l’Humain Terrestre, Amour transfigurant et transcendant la grandeur Temporelle...

Sublime partage des oiseaux de feu et des fleurs divines tous danses et chants à l’hymne de cette flamme désignant l’unisson des sapins de l’hiver et des prés de l’été, source et rire du printemps au corps fabuleux de la perception de l’Amour, Océan où je me baignais, ivre des vagues poudreuses de la chaîne invisible et pourtant indivisible de la Nature à jamais sanctifiée par la purification, 0 Etoile des constellations de brume exondée assignant un éternel ravissement à la connaissance de l’Idylle, celle de la symbiose extatique de la monade vivante de l’Absolu divinisé...

Futur dans l’orbe de ce chant qu’une mer désignait à l’Humain réel dans la traversée de ses éléments et de ses forces qui loin de nuire couvaient la gravitation naturelle d’une ode encore plus glorieuse que celle que je désirais, celle de la pensée du devoir de l’Action loin des mythes et des erreurs, dans une réalité vécue à vivre pour toujours non au large mais sur les grèves de notre Terre Universelle ! ...

Un jour et pour toujours !


D'Histoires nouvelles :
© Patinet Thierri .

ISBN 2-87782-021-1 ISBN 2-87782-121-8

Dernière Mise à jour ( Lundi 01 Janvier 2007 à 09:36 )
L'Eden ( extrait)...
LITTERATURE
Écrit par Patinet Thierri   
Vendredi 30 Décembre 2005 à 18:49
I Eden ( extrait)...



AUX PEUPLES DU MONDE, A TOUS CEUX QUI DE LEUR AME, DE LEUR ESPRIT, DE LEUR CORPS, ONT FAIT ABANDON POUR LE DON, QUI DE LEUR TOUT ONT REVELE L’UNIQUE, JE RENDS GRACE CAR ILS SONT FRUITS DE NATURE ! …

Ainsi disait il, et tous l’écoutaient, car en lui tous se reconnaissaient. Assis sur un roc, vêtu d’un seul drap usé flottant au large de l’horizon, les mains tendues vers ses frères, les Etres, vieux était il, mais son visage gardait la pureté insigne de la Vie, semblable à un Dieu, ce n’était qu’un berger

Alors que dansaient les dernières lueurs du jour et que s ‘annonçait par delà les étoiles l’hymne de la nuit, ils dressèrent un feu avec tout ce que le rivage laisse au bonheur des flammes, puis, lorsque sombra la comète du matin et qu’à sa place s’installa le disque noir, ils firent un cercle autour du rocher où se trouvait le vieil homme illuminé par la lumière de leurs travaux, douce chaleur bénissant les espaces.

Une voix fusa

« Raconte-nous ! Ne nous laisse pas ! Raconte-nous, ce long voyage, oui… »

Cri de l’Enfant au milieu de tous silencieux, émus des larmes de l’Amour et de la Sagesse, regards portants sur cette petite fille dont l’ombre au crépitement des branchages jouait lentement parmi les herbes et les mousses, regards fixés sur le ciel, là où se trouvait le vieillard, celui qui savait

Il apparût.

Sa chair, svelte encore, appuyée sur une branche, il venait à eux; deux jeunes garçons s’offrirent à l’aider pour descendre du rocher, il ne les refusa point, et c’est ainsi qu’il vint soutenu par la vigueur de la jeunesse au milieu de tous et que tous le remercièrent…

Après s’être réchauffé les membres et couvert d’une ample pelisse, il regarda autour de lui, aperçu dans la foule qui l’entourait les nattes blondes de l’Enfant, la pria de le rejoindre, lui permis de s’asseoir à ses côtés. Docile, elle se prêta à sa demande. Il l’embrassa, puis, levant les yeux vers les sphères lumineuses, il se mit à parler…

Voix !

Voix qui dans la Voie lactée, profondeur des Océans, coule et renaît, se fraye un passage jusqu’au Soleil puis éclate dans le firmament comme symbole d’un message qui se doit de vivre alors même que se tait la Vie …

Voix !

Voix sans sommeil, telle une source aux lacets des montagnes vibrants de chants, conte de l’histoire des pierres et des sables, portant l’éveil du renouveau au passé comme au futur, à l’Eternel assouvissement de l’Eternel …

Voix !

Voix de ces mille et un sis aux étoiles, raillant la boue des ruines de l’Humain, comme le vieillard de ce Monde protégé du granit des vents, usé par les pluies de Soleil, au feu d’une Sagesse limpide, fleur de la Pensée …

Voix !

Voix de ceux qui dans l’harmonie sont l’harmonie d’un épanchement, du nom serein de la Nature, tel l’épanchement du Verbe de cet Etre contant aux mémoires l’histoire de la pérennité de la Vie !

« … Du plus loin que remontent mes souvenirs fixés en ma mémoire, malgré les diversités serviles qui font l’éveil de la pensée, je garde le goût d’une saveur indélébile, celui de l’apothéose, celui du chant éternel de la Vie, celui de la Nature,

Car, et ce disant, je vous regarde et vous pose cette question : ne sommes nous pas la Terre et la Terre nous mêmes, ce limon qui glisse nos pas, ce vent qui dans l’azur fait entendre son cri, ce Soleil qui, dans le matin, d’un seul rayon anime nos coeurs et leurs rend la félicité, cette pluie, qui de l’astre descendu, rafraîchit nos Ames et leur offre une mélancolie éveillant mille sentiments, cette graine qui dans le sol germe dans le sommeil en l’attente d’un éveil lui permettant de naître à la Lumière ?

Oui, me répondez vous, nous sommes cette Terre, et par là même, rajouterais je, source de sa parure, celle qui autour de nous s’affirme en nous, celle, du nom de soeur, qui dans l’enchaînement de ses plaintes réclame à ses frères, les Etres, l’Hymne d’une parenté de toujours, parenté de Nature …

Mais il me faut conter notre histoire, celle que, tous aujourd’hui, vous me réclamez, celle, sans âges, qui fût de vos pères et de vos mères, et qui, en ce jour, est vôtre.

Longue est elle comme les voyages le sont lorsqu’ils apportent à l’Etre le réconfort et la joie de la connaissance, car elle même fût voyage et découverte… »

Le vieillard se tut un instant pour s’abreuver d’une liqueur de miel imbibée par les pollens de mille roses désignées, puis son regard se porta sur des formes lointaines ayant pourpre de citadelle pour sérail, ombres Humaines venues l’écouter chanter l’allégorie de leur présence vivante.

Il s’éveilla aux Soleils d’autrefois, puis, ranimé par les espaces grandioses que furent les destins de sa jeunesse,

Il se mit à parler …

« … Je traversais un fleuve. Son lit était vaste et son eau limpide, d’une saveur délectable, propice aux baignades. La barque sur laquelle je reposais ruisselait de fibres de roseaux sous le scintillement des peupliers géants ourlant des rives diaphanes. Au milieu, sur un lit de mousse, je faisais dériver mes pensées dans l’Astre en l’attente de ce grand voyage auquel ma nature me conviait.

Heureux, je visitais de futurs rivages, traversais des chemins empourprés d’azur, irisais de mon chant vallées et montagnes, courrais, fertile vers un horizon de Paix …

Vers quel destin le futur me précipiterai t’il ?

Je ne le savais, mais je reconnaissais en moi une force étrange, une force vive que nul n’eut pu faire tressaillir, pas même moi, m’emportant vers une destinée peu commune ! …

En ce temps, j’étais roi, car ma jeunesse me permettait de méconnaître les tourmentes de l’affaissement des sens. L’aube se levait en ma chair, et je sentais que j’allai là vivre jusqu’en ses moindres sillons, là ou peux s’aventuraient, dans un monde dont la figuration céleste improvisait le devenir de l’Eternité. Je me découvrais fertile et voulais féconder la Vie par toutes parcelles de l’infini, donc partir, partir vers d’autres lieux, d’autres espaces ; remparts de mon alacrité, les quelques uns, autres que mes parents, qui auraient voulu que je restasse aux pays de mes Ancêtres étaient morts aux premières fleurs qu’avaient germé les vents, me laissant donc, seul, le souci de ma liberté …

Qui a connu et qui connaîtra le souffle de la jeunesse, son aventure folle, son intime conviction de la charité, sera se reconnaître en mon départ, départ où l’éveil de l’Ame et de la Chair, réunis par l’Esprit, attise de mille sentiments l’espoir, délivre le vouloir de la négation de l’habitude,

Faut il le dire ou bien le répéter ?

De tous les âges de l’Humain, celui de la jeunesse est le plus beau; il est un fleuve qui mène au Soleil en abritant les yeux qui le portent des voiles mortelles de l’incertitude, de l’infect et de l’orgueil, par le jeu du dépassement, il court les vallons de la pensée et transmet à l’expression, tant du Corps que de l’Esprit et de l’Ame, le faste d’une candeur, symbole de pureté, il est l’improvisation même du futur, celui qui fort naîtra les forts, celui qui faible naîtra les faibles, mais toujours celui qui naîtra l’instinct de l’Humanité en chaque Etre …

Et ce fût le départ !

Le Soleil au Levant ruisselait sur la Terre et les herbes qu’elle portait, faisait miroiter l’onde brumeuse des eaux, caressait les corps dénudés des enfants qui, dans les chemins, se poursuivaient en riant.

Ma mère avait préparé l’outre de vin et les fruits au jasmin qui me serviraient de repas au dernières lueurs de l’aube. Je les enveloppais dans une étoffe de laine qui, plus tard, comme les Anciens me l’avaient dit, me servirait à me protéger contre le froid. Ces préparatifs accomplis j’allai embrasser ma famille, sans larmes, mais ému.

Mon père m’accueilli, souriant, dévisageant avec insistance sa vieille cane de bois mûr dont les reflets argentés contrastaient avec la terne rugosité de son visage. Il me là tendit tout en me priant de la prendre afin qu’elle me serve lors des marches pénibles, puis détourna les yeux, regarda ma mère vers laquelle, pour le dernier baiser, je me rendais. Elle ne parlait pas, mais toutes paroles étaient comprises en ses yeux brillant d’une flamme intense, et je comprenais leur sens maternel, protecteur, m’invitant à faire bien attention à moi. Dans un geste, elle me glissa un dernier cadeau dans les mains, un vêtement fragile, écharpe faite d’une soie diaphane pour laquelle des heures de travail habile avaient été nécessaire, heures de sa Vie et de son éternelle joie que je retrouvais toujours en la revêtant, puis sans détour, elle rejoignit mon père.

Lors, je les quittai, regardant une dernière fois leur unité scintillant d’un halo étrange dont bientôt j’allai connaître le vertige. Nanti de leurs trésors, je les laissai pour m’embarquer vers l’inconnu, si pressé de mon départ.

Sur la place du village, je serrais la main de toutes et de tous, puis, enfin libre, je suivais la courbe du chemin, laissant derrière moi des femmes en pleurs, des enfants envieux, des vieillards silencieux. Pour ma part, nulle tristesse, hormis une sourde mélancolie disparaissant déjà au détour des collines, ne subsistait en mon Ame éveillée.

Radieux, l’espace me recevait …

Le départ est un acte magnifique. Il est espoir et pérennité de l’Eternité, il est l’ambre sans sommeil qui court les recherches et force le chant d’Etre à la conquête du Monde !

Car le Monde est l’espoir ! Et tel nous faut il le partager afin d’acquérir son savoir et donner ainsi sans contraintes à l’Identité toute sa signification !

Lors, de ce départ, ne s’étonnera t’on point que j’en garde un souvenir mémorable, celui de l’apport de la Liberté, prémisse de toute reconnaissance de l’état de Vie, car n’est il pas vrai qu’au fil du chemin toutes découvertes permettent à l’Etre de s’éclairer et par là même d’approcher de la Vérité, et que cette dernière permet d’enfanter une juste Voie ? N’est il pas vrai ?

Lors, en ce départ, recherche de cette juste Voie, ne s’étonnera t’on point que mon ambition n’avait d’autres limites que celle de rapporter à mes frères les sources de la Vie afin de les leurs faire boire jusqu’à la lie pour qu’ils taisent à jamais leurs combats stériles, pour qu’ils naissent à l’équilibre et à la beauté, à l’Harmonie des Mondes !

Tout départ est espoir, tout Monde est espoir, et telle, toute Action de l’Etre est l’espoir du Monde !

Qu’avec rapidité s’écoulait le temps !

Je n’avais assez de jours et de nuits pour forcer mon pas aux paysages fantastiques ou fermer mes yeux aux étoiles pharamineuses, sources de multiple terre stellaire.

J’avançais au milieu d’une route parsemée d’écueils de toute nature. Je voyais tout, j’entendais tout, enfin je connaissais ! J’étais l’image du bonheur, bonheur suave où perlait la tendresse de l’Univers, bonheur sans heures ni souci, sans effluve de chagrin ni mécontentement. J’avançais les horloges du Monde et recevais en cadeau sa parure constellée du diamant le plus pur, grandiose flamboyance dont les âges de mon âge caressaient la splendeur en chantant les forces de l’espace, celles que je relayais dans l’orbe de la mantisse de mon imagination, proue de la réalité de toute Vie, sublime parchemin transcendant mon Ame d’une telle folie que parfois, pour son règne, je taisais mon sommeil pour en vivre la configuration totale !

Chaleur de la faune, douceur de la flore, délivrance de l’espace et de ses éléments, à ce feu divin d’un contact fascinant, devinrent mes compagnons de route …

Mon Esprit s’égayait, mon Corps se renforçait, Nature me renaissait Nature, et tel, je resplendissais en son sein !

Nu à la Terre j’allais, parfois courant, parfois cheminant, les muscles en éveil, la chair douce, partageant le moindre frisson de cette soeur incorruptible et si précieuse, allégorie d’un jeu de scintillantes floralies. Aux heures chaudes, je plongeais ses rivières de jade où s’irisent les fruits de plantes abyssales dont le parfum contrasté s’éclaire de la danse vermeille des volatils énamours. Aux heures froides, je brûlais ses souches mortes, me couvrais de leurs cendres afin de vivre par delà la finalité de l’éphémère la signification de l’Eternité. Aux heures violentes, je luttais de toute ma force pour me protéger de ses cris et de sa haine, odes pardonnables pour toutes intelligences. Aux heures tendres, alors que s’éveillait sa chaleur, je participais à son plaisir en jouissant passionnément de l’existence de son atour sublime et délicat. En toutes heures, je vivais Nature…

Puis vint la Voix lors d’une de ces nuits où la réalité délaisse le songe pour forcer son pas aux degrés des marches Solaires !

Du seuil d’obsidienne des étoiles azurées au front de la Constellation du Cygne m’apparût Celui qui tout au long de mon voyage allait me suivre et me guider. Connaissance des états de la limite Humaine, cet Etre étrange que le rêve me faisait percevoir au faisceau d’une Terre lointaine, cet Etre à la pensée magnifique et au Corps splendide qui allait réveiller mon Esprit aux plus nobles secrets du Cosmos vint m’apporter ce premier message …

Disait il :

« VA ET SUIS LES CHEMINS, CAR BIENTOT TU CONNAITRAS LA SOURCE DE LA VIE,

VA ET NE LAISSE EN TON ESPRIT TRACE DE DENEGATION, CAR LA VIE EST TON TOUT,

VA ET REGARDE, CAR DANS LE REGARD TU TROUVERAS CE QUE TU CHERCHES,

VA ET LORSQUE TU TROUVERAS, JE TE FERAIS FRERE DE CE QUE TU CHERCHES,

VA ET BIENTOT TU ME CONNAITRAS, CAR JE SUIS LA FORCE DE LA VIE, CAR JE SUIS CE QUE TU CHERCHES… »

Disait il,

Et sa Voix se tut pour ne m’appeler que bien plus tard, là où il savait me rejoindre...



Voyages :
© Patinet Thierri .

ISBN 2-87782-019-X ISBN 2-87782-119-6

Dernière Mise à jour ( Lundi 01 Janvier 2007 à 09:36 )
D'orbe violence...
LITTERATURE
Écrit par Patinet Thierri   
Vendredi 30 Décembre 2005 à 18:48
D'orbe violence...



Ainsi la violence de cet hymne !

Système,

Mal par le mal de ta propre puissance ton nom rougi la cendre de l’Amour et de flammes s’allume pour convertir ta puissance en haine !

Système,

Meurtre roule ton éclat aux portes de tes temples, d’or d’argent et bien d’autres faits de nuisances, ordure l’Humanité !

Système,

D’Etre à Etre ta sale odeur de sueur et de trépas pour le profit, mensonge hypocrite, s’extasie devant l’Âme nue de Vie !

Système,

Symbole de folie, d’habitude, d’outrage inhumain, d’esclave torture, de ténèbres démoniaques crient le sang et la mort de tous !

Système,

la violence a ses hymnes dans mes veines, son cri rompt le serment de la paix devant le multiple outrage que tu fais aux Etres !

Ainsi la violence de mon Hymne !

Temple nu à la Gloire des Dieux, Temple rouge et bleu, noir et blanc, de couleur sans couleurs comme l’ode au sillon des jambes musclées de l’Aphrodite courbant la tête à l’approche bénie du Mage qui, dans ses cavernes, révèle un flambeau de connaissance, s’ordonne Sage puis aux flammes se donne sous le regard de tyrans drapés de soie qui s’extasient de leur gloire !

En leur nom, les chaînes se couvrent de sang, les corps se décharnent, et jusqu’au profil de la mort crient toujours leur gloire, les cavaliers au rythme des épées se noient dans la guerre, parure sordide, d’oeuvre, bottes parfumées de dentelles blanches, destituent l’espace magique du Monde pour le plaisir de crier encore la gloire de leurs maîtres !

A la lune rousse, parvis de tendresse, leurs amours pleuvent sur des corps flagellés délaissés aux ombres d’arbres lourds de cadavres putréfiés, leur source tarie, les ormes chantent leur folie, enchantement de colonnades de brasiers où crie la cendre des chairs avec de grands rires qui font le réveil de ces tyrans un cauchemar perpétuel et sans oubli !

Cependant le Peuple pleure dans ses mansardes, à la cheminée où brillent les restes de l’arbre vigoureux, comme lui, s’abandonne à la prière pour un instant de sagesse, lys fané dont les parfums évadés vont la rencontre des Cieux afin qu’un secours vienne sur ces rives avant que tout ne devienne éphémère, avant que ne subsiste plus un seul songe de Vie !…

Et cette question,

Azur embelli ou caches tu ton ambre ?

D’ossements la plaine blanche emplie le gouffre satanique, esprit de ciel liquide de larmes d’acier définie lentement la ride de chairs froissées,

Dans son oeuvre, rugit infertile l’agneau alors que souffre de faim l’Enfant du Mékong aux dents ébréchées, asiles d’un vertige rouge et noir, rire,

Sommeil des soleils dans le havre d’une cour mobile ou s’en viennent, secs de sève, les pleurs de lys d’une enfance agonisant sur l’herbe douce de miel,

Fière, l’ombre suce son chant, esprit de cavernes tandis que s’exclament les amants éperdus de rêves, tandis que la nue d’un souffle écrase un serpent,

Heure d’étoiles lumineuses tissant des diamants pour rire ou bien pleurer de l’arrogance des lèvres d’un tyran marchant le calvaire de sa folie d’Or,

Stances que le coeur perle d’anémone au parfum mélancolique qui de jouissance s’éprend de l’âge martyr pour louer sa parure de vierge éphémère nue,

La ville sourd leurs chants aux bruits de soupapes sans huile, avance sa montre pour raidir son corps au service de leur solitude affamée de chair,

Un mage roule son jupon pour pénétrer la chair d’un érudit, accorde un pardon d’une main hypocrite, destine la pauvreté son apprentissage du viol,

Regard du char funèbre de l’enfant hier tombé sur les terres Ancestrales, chant d’un mirage prenant témoin les réverbères fumeux d’une ivresse morte,

Esprit d’un clochard endormi massant la croûte noire de sa crasse, clown monstrueux de la société affable, quémandant sa pitance de putréfaction,

Et cette question,

Azur embelli ou caches tu ton ambre ?

En ce jour,

les hommes descendaient de l’acropole en riant, les femmes parlaient, les enfants se poursuivaient en criant.

Resté seul, le Sage en sa robe de safran, étendit ses bras vers les pierres de la Terre, et dit :

« …Et ton miracle d’Eternel, O Père, ta certitude de lendemain, aux phares de nos corps ceints des écharpes de la foi, ce tout à l’aube unie qui devait descendre du silence pour régner par un appel à la fraternité, O Père, ou est ce miracle ?...»

Les genoux pliés sur le sable des mers, rose du blanc des argiles de la mort guerrière, belle étoile du firmament, Ame sans tourmente, à l’embrun des iodes cristallins de l’Océan Souverain, il reprit :

« …Frissons de gloire devaient parcourir les chemins, donner aux enfants nus une plage pour assouvir d’une richesse le regard de parents libres d’esclavage, tout d’apothéose, O Père, qu’as tu fait de ton serment à ces coeurs martyrs de ta foi ? … »

Cependant, un homme au profil d’aigle, la tête pleine de faits d’armes et les mains tachées par le sang des blessés, sans rides ni angoisses, montrant l’arbre gigantesque de la Terre en ruine, écoutait la prière de ce Sage qui poursuivait son incantation :

« …D’Etres cent larmes, cent morts aux ceintures de feu nocturne, épaves aux souffles des cendres, risée des Continents, sans eaux ni cieux, sans abîmes ni cimes, O Père nous avez vous laissés, et ce jour vous montre nos corps tuméfiés, à vos pieds, couverts de poussière, déjà larmes de la Terre, O Père, que fîtes vous de ce jour pour ne nous voir plus que cent sur la plaine de ce Monde ? … »

Et le Sage comme le Guerrier dirigeaient leurs yeux vers ce qui fut leur Roi, homme cloué par une lance sauvage dont les dernières respirations dans un soubresaut s’éteignaient, dont le sourire flamboyait du secret d’une Victoire, alors que les montagnes devenaient invisibles, et ce Sage comme ce Guerrier rendirent un dernier hommage à sa puissance :

« …Mais tes mains ne sont plus des mains, tes odes ne sont plus vivantes, et nous prions, en douleur, pour qu’au moins ce Père t’accueille à l’heure dernière, ce Père criant la ruine de notre Empire depuis que se servent de son Nom les hommes du schisme, hommes dénature dont l’Eglise n’existe que pour le malheur de nos croyances, que pour la finalité de notre grâce, oeuvre sordide dont nous sommes aujourd’hui les victimes mais que demain, nous le jurons sur ta dépouille, O Roi, nous clouerons sur un bûcher infâme pour la plus grande Gloire du Père qui nous renie en ce jour... »

Et le Sage comme le Guerrier regardaient leur Roi exhaler son dernier soupir, alors ils recouvrirent son corps d’un drap d’or et sur un Navire le dressèrent, puis d’une flamme ils conduisirent cette Nef vers le large Océan et leurs yeux purent voir le brasier s’écarter pour laisser L’Ame du Roi s’élever vers les Cieux, Ame Impériale s’il en fut qui leur disait :

« …Bientôt, je reviendrais ! … »

Il y a des vents de Carthage qui soufflent dans la braise d’Amon.

Bientôt sonnera l’heure où les chevaux fougueux de leurs galops fuyants viendront dévorer les chairs amassées des tyrans,

Bientôt le fou la cloche de lépreux de son pas de bois rampera un massacre pour s’abreuver du sang des manants,

Bientôt le crépuscule brillera un soleil morbide pour couvrir de rictus la figure des visages hagards de la bête,

Bientôt !

Il y a des azurs rouges qui vibrent leurs flammes dans le sourire d’Amon.

Bientôt l’oeil sanguinaire jaillira de son orbite sèche une salive puante pour emplir le calice des armes du néant,

Bientôt le mortel de ses os ébréchés à la poussière des chairs livrera un silence aux plaies avides de pouvoir,

Bientôt l’esclave brisera ses chaînes puis d’un bond fantastique pénétrera le monde avec un rire amer et pauvre,

Bientôt !

Il y a des cordes vides qui aux cieux attendent le cou suant d’Amon,

Bientôt les racines pourriront le cerveau de l’arbre puis de son coeur séché puiseront un délire pour manger sa chair,

Bientôt retentira le carnage dans un hymne doux fusionnant un pâle horizon bleui en mal d’étreintes fidèles,

Bientôt la nuit sombrera le sol de la Vie, d’ambre Saturne détruira le mythe des mythes du Vivant,

Bientôt !

Il y a des fleurs séchées que pleurent les Amants qui demandent le trépas d’Amon.

Bientôt le feu jaillira sur les pentes puis en cris fous ameutera la foule des miséreux,

Bientôt l’Olympe s’écroulera sur le sable d’une boucherie dont les baïonnettes danseront l’ultime folie,

Bientôt la meute affamée d’un crachat puissant décrira sa plainte sur les urnes des Dieux morts,

Bientôt !

Il y a des lèvres retroussées sur la chair de ce terrible tyran d’Amon.

Bientôt elles le dévoreront en se partageant ses restes funèbres ne conservant que sa tête pour agape,

Bientôt l’éclair zébrera le ciel de la Terre puis dans un cycle d’agression éclatera, sa destinée en lambeaux,

Bientôt le Nom perdra tout sourire pour disparaître au sein de l’atome joyeux de l’agonie de la folie,

Bientôt !

Après la mort d’Amon se taira l’Enfer dont l’oeil se morcellera pour disparaître jamais du Coeur d’Aton !…



A la recherche de l'Absolu :
© Patinet Thierri .

ISBN 2-87782-018-1 ISBN 2-87782-118-8

Dernière Mise à jour ( Lundi 01 Janvier 2007 à 09:37 )
Les Stances 5 ( extrait)...
LITTERATURE
Écrit par Patinet Thierri   
Vendredi 30 Décembre 2005 à 18:47
Les Stances 5 ( extrait)...



Hymne de ton Ame !

Ame de parfum l’infini des rythmes de la Vie et de son Olympe vertueux.

Son Ciel est d’éclair, et les souffles qu’il vibre un feu de firmament me désignant la grâce de l’aube, ivoire de parure la dénomination de la Foi, règne de l’Ange l’épure Divin, ode désigné par les Lamas aux portes de leur sol Templier, d’ailes safranées le vol de gloire l’animation de l’Espace, frisson mélodieux que seuls savent naître les Prêtres de grand Nom en l’éther du Vivant.

Hymne de ton Ame !

Ame vivace de fraîcheur, levant d’Eden le tumulte de la roche cristalline.

Vent Solaire, il ambre la Vie d’un signe éclatant, voile l’éphémère, détruit le néant, pour m’offrir splendeur de l’Eternité, oeuvre d’un lac de fulgurance, né puissant et sublime, orbe que mon regard émerveillé contemple, rive de futur d’éloquence la Sagesse l’emprise de la pérennité, forme supérieure de l’Humain l’enfantement aux arcades de la Terre et du Ciel de notre Temps.

Hymne de ton Ame !

Ame douce de Nature, partage de toute tendresse l’aube du Chant Humain.

Aube Royale, j’accompagne son offrande, suit ses pas au large équinoxe du néant, avance le prestige de sa connaissance, l’Humanité de Vie, symbole d’Oméga, orbe scintillant d’éponyme clarté, m’abreuve à sa force d’iris et de volonté, arme de compassion comme de charité aux fastes de l’écrin Humain, marche de brume ou de lumière l’opale de l’accomplissement Terrestre

Hymne de ton Ame !

Ame pluie de la douleur, correspondance de vive étreinte l’éclos de l’Etre.

Fleur de genèse, je nais à son emprunte, mémoire sans oubli, me ranime à sa certitude, m’irise à ses rives enchantées, élégantes et uniques, de part leur grandeur, faisant l’Etre adoration des Etres, chant d’inoubliable beauté, préau d’une ardeur de Divination comme de Maîtrise, destination de solidaire aventure aux fêtes de la Vie comme en les peines du Vivant, marche d’accueil.

Hymne de ton Ame !

Ame sourire de plénitude, virtualité de l’éloquence de la sérénité Humaine.

Des cieux la beauté d’un serment, j’écoute bruire son chant au signe de l’Azur et de la constellation des Terres, livre de l’entente entre les Humains et leur désignation, élévation de la plénitude aux degrés de l’offrande et de son jeu d’instance magique, essor délaissant l’emportement comme le silence nébuleux des intolérances gratuites, verbes en sommeil à cette ode scintillant.

Hymne de ton Ame !

Ame de lumière d’écrin vif l’aurore et la béatitude d’un serment de Vie.

Vibration de l’espérance, je m’anime à son feu magnifié de connaissance, pardon du multiple de l’errance, abîmes de la passion, éveil au cri des martyrs de la Foi, souverains de la pénétration des rythmes cosmiques le front splendide de l’étreinte de Dieu, Coeur de l’Absolu, message de la Révélation de tout devenir comme de toutes destinations de l’Humain.

Hymne de ton Ame !

Ame flamboyante du zénith au parcours de diurne parchemin enfanté de Gloire.

Je m’éclos à son Royaume, symbiose du feu Sacral, Entité de sa Divinité Eternelle, correspondance de l’ultime Renaissance de la beauté de son Chant d’épopée et de splendeur, savoir d’Unique l’interpénétration pérenne de son orbe aux splendeurs des lendemains qui nous verrons enfantés au prisme de l’Absolu, salut de la Divinité l’essor en le Temple de la Vie Eternelle...

Hymne de ton Ame !

Ame multipliée aux ramifications de la Vie et de son Chant Souverain.

Ame vivace des frais matins, Ame fraîche de l’essor du Printemps, Ame vierge de l’Eté Solaire, Ame pluie de l’Automne crépusculaire, Ame immaculée des neiges de l’Hiver, Ame de toutes saisons l’emprise et le serment de Vie, d’hymne, l’Eveil m’enfante d’Hommage au cri de sa source lumineuse, Verbe d’Or le signe de ton rayonnement et de ta splendeur,

O Diane Somptueuse !


Mélodie d'Amour :

© Patinet Thierri .

ISBN 2-87782-015-7 ISBN 2-87782-115-3

Dernière Mise à jour ( Lundi 01 Janvier 2007 à 09:37 )
Chapitre III ( extrait)...
LITTERATURE
Écrit par Patinet Thierri   
Vendredi 30 Décembre 2005 à 18:46
Chapitre III ( extrait)...



Madame Lambert écrivait, les mots dansaient devant ses yeux. Elle s’arrêta, chercha ses pilules dans un des tiroirs de son vaste bureau, en pris deux, puis attendit un instant.

Déjà tout allait mieux, les choses devenaient plus nettes, les mots ne dansaient plus. La vieille femme, détendue, soupira.

La lettre qu’elle écrivait n’avait pas l’importance qu’elle lui donnait, elle le savait, mais qu’importait, au laisser aller, elle préférait le travail, quel qu’il fût.

Femme de lettre avant tout, elle n’avait pu s’accommoder de la paresse qu’elle aurait pu s’octroyer à la mort de son mari. Ce dernier, homme “dieu”, comme le nommaient ses confrères, avait été un des fer de lance du théâtre d’avant garde, celui dont on ne parle pas sans respect. Elle le regrettait. Les pages des livres qu’elle écrivait étaient épris de l’absent, de son essence, de sa virtuosité. Il lui avait tout amené : l’amour et le goût de la vie, vie qu’autrefois elle craignait, lorsque étudiante, elle s’enfermait dans sa chambre de sixième étage pour confier à ses pages blanches ses angoisses et ses inquiétudes.

Le succès littéraire était venu très tard, elle ne l’en avait que mieux estimé. Lus par tout le monde, ses livres apportèrent leurs fruits, soit un immense pécule. L’argent ainsi gagné allait aux autres, car pour elle-même, elle n’en avait que très peu besoin, allait donc aux mal aimés de la littérature, ces poètes décharnés que l’on rencontre au hasard des rues, ces jeunes gens épris d’amour et de justice qui se cassent les dents devant les fléaux de notre civilisation : les moyens financiers. Elle qui avait connu cette tourmente infinie, ce manque que l’on vous obligeait à avoir afin de faire paraître une oeuvre, d’être lu, de vivre dans la pensée d’autrui, ne voulait pas que cela continu, et c’est pour cela qu’elle avait ouvert un salon.

Il était au public trois fois par semaine, venait qui voulait. Madame Lambert en ce lieu avait découvert les traits du génie sous des regards blêmes que la faim déchirait : jeunes gens que l’on ne jouait pas sortant ce dû à leur mise ainsi qu’à leur tourment qui les poussait à se vendre pour le satisfaire, soit écrire ! elle en avait découvert d’autres, ceux là fiers, travaillant le jour à leur survie, la nuit à leur bonheur, écrire, toujours écrire ! et bien d’autres encore !

Les jeunes élus qu’elle triait sur le volet d’après leurs écrits étaient présentés aux hommes arrivés, éditeurs en tout genre, car nul critère ne retenait Madame Lambert sinon celui de la force d’expression du jeune écrivain. Le salon devenait ainsi lieu de lecture, de confrontation directe entre l’auteur et l’éditeur, match si l’on peut dire, où le vainqueur recevait palme ou bien encouragement. C‘est ainsi que parfois, Madame Lambert, avait la bonne surprise de voir un de ses jeunes protégés passer de l’inconnu au connu le plus parfait, victoire dont elle se félicitait en secret, non comme une vengeance personnelle envers le monde austère de l’édition, mais envers le peu de discernement dont il fait preuve parfois, ce dû aux critères du commerce.

Ainsi passaient les jours et les mois au creux de cette vaste maison où sans cesse l’on recevait, Aujourd’hui était un jour de repos, et Madame Lambert en profitait pour renouer avec la fertilité des mots, non pour un roman, mais pour une correspondance qu’elle entretenait avec de nombreuses amies.

Les lettres se remirent à danser devant ses yeux. Elle regarda son visage dans la glace et ne fut pas surprise d’y découvrir une plastique dévorée par la maladie, maladie inguérissable.

Intraitable avec son médecin, elle lui avait fait avouer sa condamnation. En femme de bon sens, elle n’en avait jamais parlé à quiconque, encore moins à Dominique. A quoi bon faire souffrir les Etres qui vous sont chers lorsque l’on souffre déjà pour eux plus qu’ils ne le pourraient eux-mêmes pour vous ?

Elle se regardait et souriait, souriait à sa vie qu’elle donnait pour accomplie. Bien sûr, elle aurait aimé faire bien des choses encore, mais lorsque le destin frappe à la porte, en bon philosophe, il faut savoir l’accepter. Elle repris sa plume, les mots s’inscrivaient sur la feuille, fermes, sans ratures, forces d’âme.

On frappait à la porte, elle s’interrompit.

- Entrez !

Nadine, la jeune femme de chambre se présenta, avança jusqu’au bureau, puis d’une voix douce déclara « Madame, je m’excuse de vous déranger, mais il y a Monsieur Henri qui demande à vous voir, il est en bas. »

- Monsieur Henri ?

- Oui, il est dans le salon, il vous attend.

- Comment va t’il ce cher beau-frère, toujours nerveux ? demanda Madame Lambert, amusée par cette arrivée inattendue.

- Non Madame, il est très calme, mondain même, si je peux me permettre.

- Ah ! Très bien ! Dites-lui d’attendre quelques instants, j’arrive...

Nadine sortie, Madame Lambert repris sa plume, s’arrêta, puis se mit à rêver, redécouvrant avec tristesse cet inquiétant personnage qu’était Henri. Il était le frère de son mari, et sans contexte, son paradoxe le plus absolu. Autant Jean-Pierre était aimable et charmant, autant Henri était fourbe et méchant. Le seul avantage de sa personne était celui de l’argent. L’avarice putride dont il faisait preuve l’avait nanti de beaucoup de biens, mais démuni de tous sentiments. A la mort de Jean-Pierre, il avait été nommé tuteur de Dominique, tâche qu’il n’avait jamais rempli. Les seules visites qu’il avait faites au profit de l’enfant étaient celles qui concernaient son argent, car il gérait son patrimoine, trois en douze ans!

La dernière remontait au mois dernier, visite pendant laquelle il s’était fâché avec Madame Lambert, à cause de la conduite de Dominique, sa vocation et ses « perditions » comme il les nommait avec dégoût. Il était sur l’heure reparti, laissant là ses médisances et son insolence. Brusquement, il reparaissait.

L’inquiétude gagna Madame Lambert. Elle rangea ses papiers, puis sans plus attendre, rejoignit le salon,

Il était là, assis dans le grand fauteuil qu’elle préférait, le rouge, d’où elle dirigeait les discussions lors des soirées. Dès son entrée, il se leva, pris sa main, la lui baisa humblement en la priant de s’asseoir. L’inquiétude devint plus forte. Là n’était pas dans les manières de faire de cet homme, d’habitude un rapide bonjour, manque de tact complet, suffisait à annoncer son propos.

Il devait avoir des choses importantes à lui dire pour prendre tant de précaution à son égard. Madame Lambert se repris en voyant se dessiner un sourire mesquin sur les lèvres de son beau-frère, elle le questionna « Alors, mon cher Henri, qu’est ce donc qui vous ramène en ces lieux ? D’habitude, vous vous faites plutôt attendre ! Auriez vous décidé de faire oeuvre de complaisance par hasard? »

Henri ne répondit pas tout de suite. Il s’assit, alluma une cigarette, puis parla d’une voix rude : « Ma chère Irène, si je suis venu aujourd’hui, ce n’est pas pour le plaisir, vous devez-vous en douter ! Mes affaires me tiennent trop à coeur. Non ! C’est pour vous parler de choses que je juge très importante, et qui dans le temps ne sauraient attendre ! Bien sûr, je pourrai détourner le sujet, mais aujourd’hui, je serais très franc, il le faut ! »

L’interrompant d’un signe de la main, Madame Lambert ayant perdu son sourire, le questionna, agressive « Quelles sont donc ces choses si importantes que vous avez à me dire, pour que vous vous décidiez à ne pas mentir aujourd’hui ? ».

L’homme encaissa le coup, maladroitement car ses yeux changèrent de couleur, du tac au tac, il répondit : « Je suis venu aujourd’hui pour vous parler de votre fils Dominique, pour lequel j’ai fait de grands projets ! ».

- Ecoutez ! Laissez Dominique tranquille ! L’interrompit à nouveau Madame Lambert, fortement éprouvée.

- Je suis venu pour lui, alors ne m’interrompez pas, je vous le demande !

- De quel droit ? dit elle en blêmissant.

- Du droit de Tuteur, ma chère, l’auriez vous oublié ?

Madame Lambert baissa les yeux. Elle le savait en droit de s’ingérer dans la vie de son fils, droit injuste, mais droit tout de même. Elle crispa les mains puis attendit. Il reprit : « Comme vous le savez, je possède plusieurs entreprises en Italie. Elles me rapportent énormément d’argent. Etant célibataire, et ne voulant laisser mes sources de bénéfices aux mains d’incapables, j’ai décidé de léguer à ma mort, tous mes biens à votre fils. Il a fait des études poussées, cela lui permettra de prendre ma suite sans problème. Qu’en pensez vous ? ».

Madame Lambert était stupéfaite : cet homme, fier d’avarice, léguait son bien à Dominique, sans autre vouloir que le sien, c’était trop beau ! L’inquiétude se fit plus forte en son esprit, elle commençait à comprendre, elle le questionna « Tout cela est parfait, mon cher Henri, mais je pense qu’il vous faut des contreparties pour un aussi beau projet, n’est ce pas ? ».

Henri souriait, Irène de même, Le silence s’installa, puis Henri répondit « Ce que je vais vous demander en contrepartie, ma chère Irène, va être très pénible, pour vous comme pour moi, bien que je sache par avance que vous vous doutiez de ce que je vais vous demander, juste contrepartie de mon offre, voilà : Dominique doit repartir avec moi ! ».



L'Interdit :

© Patinet Thierri .

ISBN 2-87782-014-9 ISBN 2-87782-114-5

Dernière Mise à jour ( Lundi 01 Janvier 2007 à 09:37 )
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