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© Patinet Thierri

 
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De l'Etre en charge de son site ( extrait)...
LITTERATURE
Écrit par Patinet Thierri   
Vendredi 30 Décembre 2005 à 18:45
De l'Etre en charge de son site ( extrait)...



Epreuve d’Olympe le serment du devenir, épreuve sans âges dans la vague livrant floralie des demeures à la Cité offrande du livre de ses jeux, voici l’éveil azuréen et les myrtes aux suffrages, les Femmes en réveil de l’orbe d’Or qui témoigne, chant de cristal au vent de la sphère, pétale d’un iris aux yeux de l’heure qui s’estompe, rêve de victoire sur les perles en souci de l’avenir du plus grand jour sous la face du Dieu qui songe son idole, Héros, passant des lacs de la brume au nénuphar d’argent, alors que l’esprit d’un Sacre a fuit les hôtes de la nuit pour livrer d’aube éclatante le serment de vivre l’harmonie du vaste éclat qui trempe l’offrande au tourbillon des présences de l’éternel, une voix salut cet l’éveil et des portiques marbres ranime l’élan de la pure incantation du règne,

Miel des saisons l’œuvre grandie marche son état aux corps des domaines des Temples et des sources naguères où puisent jeunes gens le cri souverain des sens élevés, tandis que les Sages devins de plus hautes faces aux Dieux nus et forts lancent des appels sans présomption de croyance incantatoire, pour seul salut le firmament d’un jour vivant la Cité glorieuse d’un écrin porteur de raison et de foi en l’unique destin de la Victoire ultime, le ciel y dessine ses oracles et les Oiseaux de jade en culminent l’offrande, un vieillard Mage contemple des pluies le zénith et le Verbe, ce jour sera de plus grande Gloire à la marche de nos pas, ce jour vaincra le cri des climats et les germes d’équinoxe, ce jour, sera t'il dit, et sa voix dans le silence étonne l’Empire lui-même, l’Assemblée des Guerriers et le maître Royal, marche Solaire de l’épure indomptable,

Sol le firmament bleui dessine l’éclatant royaume, l’azur épanché ruisselle les rayons d’Or de la beauté des Temples, ici, la Foule noble des passages, rassemblée, intime et émue, accueille le départ des Héros, Sacre de leur cœur, jeunes filles aux espoirs sans troubles par l’éther en son miroir, Eros dionysiaque des parfums Solaires au respir magique de la perception des heures qui viendront, enfants à la parure nue, beauté de talisman vierge souriant au sérail le front pur de gloire, criant de joie la soif de vaincre de leurs aînés, foudroyant regard de l’épure des fiers visages armoriés, des parents l’insigne aristocratique, charges et passions du devenir de leur pente aux signes cristallins levant oriflamme de leur nom l’allégeance sans bassesse ni crainte, tout d’honneur au rire clair par les sillons enfantés marchant d’écume le sable de cristal de la fertile communion de victoire,

Ici le nombre dans l’Occident hélé par les buccinateurs impatients dont le son des tambours de bronze sont maintenant flammes hautes dans l’œuvre germée, voici l’heure déclarée, embrasement de plus haute prière à la sphère du Temple ou flotte l’étendard du Site et de sa gloire, seul esprit du chant du règne absolvant les conditions le jeu, toutes nefs en écrin et toutes forces en détail abandon du respir de guerre pour la seule étendue de la force noble et souveraine, Voix de forte brise dans l’ardeur du ciel et la brise du néant, devoir de consomption de la seule harmonie vitale de l’espèce qui se doit, ovation des nombres, présence formidable dans l’espace sans nuages où l’Elite des Cités puissante et solidaires ont pour seul désir de laurier l’oriflamme de la victoire sur le Temps comme sur l’éther,

Marche de fusion par ces heures de serment dans la perfection d’Etre, gravure immortelle, domaine des signes embrasés par les prouesses de forge de la quantité aspirant à la qualité de l’invincible, jeux en force de détail, orbe du lancer et du courir, ordre de noble statuaire de la vitalité corporelle, marque de haut signe, au secret d’iris de l’implacable effort sans limite, brisant le rempart de la destinée de l’impitoyable oubli du corps, sous les cris de joie et de serments, ruée des ors et des étoffes, des charges et des devoirs, pulsation de l’Etre par l’Empire majestueux de son règne toute inclination de son vouloir, tel marbre nu s’exfoliant de plus haute cime dans un éveil azuréen comblant les heures d’infortunes des regards oubliés, spectacle fabuleux de l’Etre en charge de son Site,

Eponyme de fresques titanesques, ardeurs vives du corps, pluralité des faces en ivoire, l’Oeil d’Aigle au visage, volonté dominante aux éclats de la chair marbrée et puissante, du gestuel impartial l’épreuve, maturation d’ordres et de soumission à l’orbe de l’Esprit, germe d’ennoblissement dans la fonction des actes intrépides assumés, fastes de Victoire aux chants devenus qui s’irisent, de plus nobles vacations au royaume enfanté par la force de vivre, mânes des lauriers de jade des vainqueurs, accueil propice de front pur l’élan des Mages dont l’incantation dionysiaque s’élève, le Site acclamant les Dieux de ce stade de renouveau où parlent d’un chant l’éloquence et le sublime la perfection de la maîtrise de l’Etre sur son enveloppe mortelle, vaste flamboyance sans regret des vaincus devant l’Elite des prouesses hissée au plus haut pavois dans un cri de victoire affirmé, sourire d’épice de l’haleine du mystère pénétrant le secret des forces vives de la Nature et de ses fruits, clameur sans repos dans l’arène, l’Assemblée profane scrutant l’espace au seuil du nombre acclimaté d’insigne,

A Midi sans ombres et sans larmes par les forces enceintes de firmament, la lumière contemple le feu du ciel, étreinte des chairs de l’âge fort, novation et éclat de l’embrasement fidèle de toutes demeures offertes à la noblesse des vainqueurs, Guerriers au cristal en ferveur composant des armées dans l’existant du parchemin vécu, aux Sages satisfaits réclament les lauriers sur leurs tables sans deuil, joie d’éclair et de parchemin, aux Mages en essaim soulèvent de l’étoile du Matin les signes qui viendront destiner l’aurore du lendemain de l’unique face du Héros, tandis que les Poètes au chant divin dans un hymne de détail révèlent l’Oasis de la porte de la victoire, cime des efforts du moment ou la pluralité des nombres s’évente, déjà dans l’heure souveraine, par les hautes fresques du Verbe éclos, conte du zénith et de ses gravures aux pierres du levant,


D'Olympe le Chant d'Or
© Patinet Thierri .

ISBN 2-87782-011-4 ISBN 2-87782-111-0

Dernière Mise à jour ( Lundi 01 Janvier 2007 à 09:38 )
Prélude ( extrait)...
LITTERATURE
Écrit par Patinet Thierri   
Vendredi 30 Décembre 2005 à 18:44
Prélude ( extrait)...


MONARQUE !

 

 

 

 

Monarque, ce Site !

Miel d’azur, porte d’Or au front limpide, espoir et miracle de la sève des Anciens, ferrure d’argent aux chapelles douces, havre et délice d’âme au sein de plus haute figuration, éternel …

Marche tendre aux hospices du ciel mûri d’infini, chambre douce aux mains agitées de caresses, tendresse salutaire aux ventres charnels mues de folle grandeur, perpétuation du savoir…

Drapé tourelles de soieries multicolores, écharpes de victoire tressées de Soleil et d’Ether, lacté d’azur au marbre de jade où s’épanouissent les feuilles vertes de l’immensité …

Ramification étoilée aux stances d’hivernage et crépusculaire, tardive rencontre au gré du néant de la fleur séchée aux rides parfumées, sel d’ambre de l’Amour inconquis et fidèle…

Mille seuils de la conquête de la faune comme de la flore, d’argiles sous les forces agiles, nébuleuses rouges d’une faim affamée au recueil instable et Vivant, ordre sans ordre dans le corps maladif …

Fleuve rageur aux roseaux malmenés, labour de la Terre promise, le sceau d’un partage unique, regard fade à l’étoffe poussière qui sombre, rie, chante l’inconnu éphémère …

Piédestal couronné au jardin des tulipes, simple fuyant l’Esprit au sous-sol noirci de tombeaux d’Ancêtres nantis, rose sans pétale de tige lisse et friable …

Océan de larmes au cristal corallien, lumière sans jour telle une aube de sang qui coule aux prairies naturelles, recherche innocente du passé pour le trouver et l’animer …

Salle d’arme, satin rubis suave et triste d’avoir trop servi la fragilité pour la détruire, mal du mal encore né au silence des gerbes folles qu’émonde l’Absolu…

Monarque, ce Site !

Affluent, bras gigantesque de chair épanouie, certitude au soc de la botte, comble des terres, sillons vertueux dont le limon esclave, blés jaunes Solaires, au panier des granges fleurit de senteurs …

Haillon de torture à l’esprit vide, rut des mousses sauvages l’ombre des centenaires humides, espérance malhabile d’un avenir heureux, destin sans destinée au verbiage de l’action désespérée …

Abîme sans cime, passif au lent sursaut mystique des fumées d’asiles où courbent les vies sans passions l’attente du cadeau de présage, auréole tourbillonnante, la grâce du Paradis …

Visage solitaire à la foule de la Terre, peur incrustée au rempart du voisinage superbe, gerbe sans lianes couvertes de crispations et d’insatisfactions, mortuaire de la fraîcheur …

Chaumière lépreuse au couvert de la nourriture blême, onde sourde aux joies comme aux lumières, âge sans fin de la terrible habitude, ignorance lamentable des éperviers de nuisances…

Plancher de vermine lustrée, aube claire à la nuit, sens de fusion en rage de la haine accumulée, emprunt de ciel aux orbites futures de l’atome, fer d’outrage en mal de grâce …

Chaleur d’un sourire d’attache voluptueuse, cri et spasme sans douleur au mélange avide du partage de misère, étoile bleue de l’espoir, tablette d’émeraude au support de raison …

Nid sans oiseaux, disparus d’un vol effaré et pressé l’encontre, sans air ni mer, oubliés à l’Océan invisible ou baigneurs nagent de lentes agonies, plaisir égoïste de l’éternité …

Navire sans flots, échoué aux lacs de bitumes, ivraie solide de poison tortueux, glue des chairs dont l’esprit à l’arbre figé de la Nature rend sa dernière parure saisonnière …

Monarque, ce site !

Barbare, de cruauté vivace à l’arbre du désir, folles semences du déclin, odeurs pestilentes du Règne, bénédicité d’un corps pendu sous les ovations respectueuses de la foule en sommeil…

Façade de banquets définitifs et rutilants, osés telle une salive brûlante de mourrant au frais visage de l’Amour, ordre des foules de ton cœur, dernier vertige mutant notre sceau de finalité…

Fenaison sans larmes aux bois grossiers taillés de fer, rang d’asphalte au marbre veiné, déchirure temporelle dont l’acier rugissant à l’éther noirci consume les chairs au labour funeste…

Poignard sanglant à la bouche des fauves, les lèvres en bataille au rire satanique sachant la dernière curée l’appel de ton offre, Prince de sang, tristesse d’épave au cercle de l’incertain…

Parvis de rose sans âme, corpuscule de la traîtrise dont le porphyre roule l’ébène, dans un grand silence, pour rougir ses pleurs au seuil des plaines ivres, rosée d’araigne violence …

Solitaire aux ricanements sordides, le silence des feuilles au vent glacé qui parle leurs songes, suintement d’ambre, fierté d’une haine affreuse respir au monde d’affres oriflammes …

Droit à toute justice Divine, fleuve de tes reins, âme le sillon de tes veines, qu’est il devenu en ta main, gantée du cuir de l’arme ? Rêve vécu d’un corps mue d’agonie …

Songe de coeur pur, notre face, unique aux sphères des nébuleuses d’Ouest, aujourd’hui d’instant fatal, a t’il défense de crier sa part de rêve loin des cendres et du sang ?

Estime de ma chair, au clair du Règne naissant de nos sorts, de part le flot de sève, Nature floralie l’âge, pacte de nos âmes, son cri je dresse aux remparts de l’éclair de tes flammes !

 

CAR MONARQUE

Ce site est nôtre aussi, et nul droit, pas même le tien, ne peut taire sa voix, sous peine de parjure,

AINSI

MONARQUE

ECOUTE CE SITE !


Les Cantiques :
© Patinet Thierri .

ISBN 2-87782-010-6 ISBN 2-87782-110-2

Dernière Mise à jour ( Lundi 01 Janvier 2007 à 09:38 )
De l'Etre ( extrait)...
LITTERATURE
Écrit par Patinet Thierri   
Vendredi 30 Décembre 2005 à 18:42
De l'Etre ( extrait)...


AToi que j’ai connu,
Toi invincible et nuisible,
Toi si loin des temples de sagesse qui irisent aujourd’hui les grandes sphères,

Que je te conte …

Fait de limon de terre, tu parcourais les espaces à grands pas, ne cherchant nulles solutions aux angoisses qui morfondaient ton âme et ton corps, criant par monts et par vaux, les tortures intimes qui te broyaient, délivrant le sourire des trépas aux autres frères qui, las de leurs problèmes, ne t’écoutaient plus, alors pauvre de serments, tu regagnais le vent des prairies aux fins de te fondre à nouveau en des abîmes mystiques qui loin de te rendre la gaieté, t’amenaient par traîtrise aux fosses communes de l’oubli …

Oubli de ton être …
Oubli de ce qui fût …
Fait de nuit, tu voulais vivre sans comprendre …

En prime jeunesse, te voir les yeux grands ouverts, dévorant les multiples outrages que le monde t’offrait, te voir sourire de loup, te voir prêt à suivre le vent de nuit que tous les êtres depuis des millénaires portent en fardeau sur leurs esprits …

En prime jeunesse, te voir déjà te combattre, combat contre le multiple qui t’habite, contre ce qui doit être et ce que tu veux faire, contre toi-même, contre les forces étranges qui trouvent fanion en les méandres de ton âme …


Te voir succomber …
Succomber aux tentations et te sentir coupable …
Te voir aux premières aubes parler, parler …

Dans ce bar boueux où les néons tachés, distillaient des lumières équivoques entre les fumées de cigarettes et les verres d’alcool, au milieu te voir trôner sur ta personne, malheureux d’angoisse et sans force, suicidaire de flammes et de regrets.

Là tu parlais … tu parlais Etre …


 

Lettres à l'Amour :
© Patinet Thierri .

ISBN 2-87782-009-2 ISBN 2-87782-109-9

Dernière Mise à jour ( Lundi 01 Janvier 2007 à 09:38 )
Les plaintes ( extrait)...
LITTERATURE
Écrit par Patinet Thierri   
Vendredi 30 Décembre 2005 à 18:41

Les plaintes ( extrait)...


Ainsi de l’enfer partaient des plaintes comme essence funeste d’un proche devenir …

Tout de larmes en corps d’un oubli que chante encore sur l’aube des rides le fier chevalier …

Tout de sel fade dans l’astre qui marche le saule serment des abeilles nouvelles, insignes …

Tout crispé qu’à la lune mélancolique se content les rires et les appels d’amour, parfums intimes …

Tout nu et clairvoyant de pure fertilité au vol de l’oiseau migrateur …


C’était un lit de mousse,

Dans son âme limpide, Nature, regardant les homes avec l’amère certitude qu’au déclin de son aube périrait l’ambre Vie,

Songe de colère, criait …


Osez me défier
Vous dont la santé fragile
Corrompt éternelles idylles !
Vous de boue en courbe fol
Bassesse d’orgie des sols !

Autrefois, Victoire
Embellie d’Amour mon Nom,
Source rayonnante d’Aton !
Maintenant, suis je l’or
Perle sans anémones d’alors !

Et ce cri germe mort,
Matière sans matière d’âge
Qu’aujourd’hui livre l’image !
L’ivresse ronge ma cendre
Comme tombe ouverte à prendre !

Nuit de souffre
D’hier ce levain semence réelle
Planètes sœurs d’heures belles !
Ambre de grâce ce serment sacré
Ecoute au sublime de ton Eternité !

C’était un lit de larmes ou dansaient quelques fleurs en flores, dernières de Soleil sous le rire des Tyrans …

Et là,

Nue de pustules outrages, visage lourd et décomposé aux cavernes des rides,

Vie,

Sans fanion, déchirure affreuse de pleurs en sources au rempart de la Destinée,

Le cri d’angoisse …


Mutation Terrestre :
© Patinet Thierri .

ISBN 2-87782-008-4 ISBN 2-87782-108-0

Dernière Mise à jour ( Lundi 01 Janvier 2007 à 09:39 )
Qui était Julien Valti (extrait)
LITTERATURE
Écrit par Patinet Thierri   
Vendredi 30 Décembre 2005 à 18:40
Extrait de " Qui était Julien Valti ?".


Helena VaIti : Veuve de Julien Valti, vingt sept ans, femme charmante de grande culture, sans profession, très abattue par la mort de son mari.

Q - Madame Valti, parlez-moi de votre mari, et tout d’abord de la façon dont vous l’avez connu.

R - ... Vous parlez de Julien, c’est comme le voir renaître à mes côtés, c’est voir venir à moi un garçon brillant et cultivé, c’est aussi sentir en sa présence un flux de paix et d’harmonie, mais surtout de raison, baigner l’atmosphère, ce qui en notre monde actuel n’est pas commun... Je me souviens de notre première rencontre comme si elle avait eu lieu hier... Il faisait froid à New York, l’hiver était tombé d’un seul coup, les rues étaient vide sauf d’un cortège dont les personnages manifestaient pour la paix au Vietnam. Bob, mon cousin, regardait avec mépris cette foule bigarrée qui n’avait pas compris que le combat qui se menait là bas, s’il était perdu, risquait de se voir naître en notre propre pays. Il était volontaire pour partir et je dois avouer que j’avais peur pour lui. Il a d’ailleurs été tué là bas... Toujours regardant ces manifestants, il me dit qu’il connaissait un groupe qui se battait pour la Paix, la vraie Paix, celle qui tairait la domesticité, et il décida de m’emmener écouter l’une de leur conférence. Il me précisa qu’il connaissait l’animateur et qu’il me le présenterait... Je lui proposais d’y aller tout de suite, nous n’avions rien à faire de particulier. En marchant, je lui posais multiple questions sur ce groupe et sur son animateur, Bob ne me répondais pas, qu’allais je trouver ? un barbu hirsute, un politicien, un hippie gentil qui ne parlerait que de paix en déclamant, un bonhomme nerveux et instable ? ... Rien de tout cela...
Lorsque Bob frappa à la porte de la salle où se réunissait ce groupe, elle s’ouvrit lentement, et alors il apparut... Ce fut comme si rien ne devait plus exister... Nous passâmes le restant de la journée avec celui qui m’avait dit se prénommer Julien, et au fil des heures l’enchantement progressait... Et cet enchantement était réciproque, ce qui me ravissait. Bob s’amusa de cette réciprocité qui déjà nous liait comme un voile et qui l’effaçait de nos regards... Je me souviendrais toujours du ton plaisantin qu’il employa pour nous ranimer, il dit en prenant l’accent Italien : « Italie, que ne nous as tu envoyé plus vite ton plus charmant prince pour conquérir la belle Helena ! ... » Ces souvenirs sont les plus beaux que je puisse garder de ma vie de jeune fille.

Q - Votre mari faisait parti d’une organisation pacifiste, laquelle?

R - A la vérité l’organisation à laquelle il appartenait était comme il me l’a appris plus tard alors qu’il était sur le point d’être extradé, la sienne.

Q - La sienne ?

R - Oui, et c’était tout en son honneur ! Julien était ainsi, il n’aimait pas se présenter comme auteur, il ne voulait pas devenir un symbole, et c’est pour cela qu’il se disait élément de son organisation. Il ne pouvait souffrir les flatteries et pour les éviter il s’intégrait aux éléments ce qui d’un point de vue purement formel était une force, car comme cela, il pouvait constater le degré de pureté des éléments.

Q - Comment avait il monté cette organisation, avec quels moyens ?

R - ... Je n’en ai pas la moindre idée, Julien n’était pas un expansif, les questions que je lui posais sur son arrivée aux Etats Unis, sur sa vie avant notre rencontre, sur ses actes, sont plus où moins restées sans réponse véritable. C’était un être secret et puis il m’avait dit qu’avec moi sa vie prenait une nouvelle tournure et qu’il ne voulait pas mêler le passé avec le présent. Ce n’est que grâce à ses parents et son frère que j’ai pu connaître le Julien d’avant, mais encore faut il le dire, cette connaissance n’était qu’approximative … En fait Julien était humble, il n’aurait jamais accepté de mêler sa vie privée avec sa vie active, pour lui, l’Amour que nous vivions devait rester sur un plan strictement intime.

Q - En dehors de ces activités, Julien travaillait il ?

R - Julien travaillait effectivement dans une entreprise d’importation de produits pharmaceutiques, en plus, ll faisait des traductions pour l’éditeur qui devait devenir le sien.

Q - Votre mari, avait il des relations en dehors de Bob ?

R - Il m’est difficile de vous répondre, car à cette époque, notre idylle venait juste de commencer, toutefois je sais qu’il devait rencontrer un certain nombre de personne de tout milieu car il n’était pas toujours libre... Dans certaines conversations téléphoniques, il prononçait souvent le nom de Piers Atley. Aux questions que je lui posais sur ce personnage, il me répondait invariablement que c’était un homme remarquable qui l’avait beaucoup aidé lors de son arrivée aux Etats Unis, mais c’était tout.

Q - Comment Julien a t’il fait connaissance de vos parents ?

R - Le plus simplement du monde... Bob était un bavard incorrigible, tout le monde a très rapidement su que je sortais avec un garçon qui se prénommait Julien. Ma mère voulut le connaître, mon père était réticent, lui qui pourtant allait devenir son plus fidèle admirateur, elle organisa une garden party et c’est à cette fête que Julien connu mes parents. Je dois vous dire que je ne craignais rien car je savais qui était Julien et je ne fus pas surprise de l’amour que tout de suite mes parents lui portèrent. Pour Julien ce fut aussi le coup de foudre... A partir de ce jour, la vie changea. Julien vint manger à la maison, resta tard le soir, discuta sans se lasser avec mon père improvisant jusqu’à la perfection les thèmes de sa campagne pour la Paix qui le préoccupaient de plus en plus. Les jours coulaient paisiblement lorsque nous apprîmes la mort de Bob…Il avait sauté sur une mine à Dan Hang... Sous le visage de marbre de Julien se lisait la colère... Il disparut pendant une semaine... Lorsqu’il revînt, il avait un sourire sur ses lèvres. Le lendemain dans le New York times paraissait un article cosigné par Piers Atley et Julien Valti. Il était foudroyant. Il reprochait au gouvernement des Etats Unis de s’enliser dans une guerre qu’il ne voulait pas gagner, il désignait les coupables, les trusts dont les impératifs au niveau de l’économie mondiale ne pouvaient cadrer avec une victoire pour les Etats Unis sur l’esclavage communiste... Cet article provoqua un scandale que l’on s’empressa de minimiser : l’article ne parut qu’une fois, ce qui veut tout dire... Il faillit être la perte de Julien. Le soir même le F.B.I l’arrêtait. Il resta huit jours avec ces messieurs et ce n’est que grâce à l’influence de mon père qu’il fut libéré et que la mesure d’extradition prise à son encontre fut considérée comme close. Quant à Piers Atley, il avait réussi à s’enfuir au Mexique …

Q - Que s’est il passé ensuite ?

R - Ensuite, et bien Julien, sur les demandes de mon père a calmé un peu ses activités. N’ayant plus d’emploi, il se lança à fond dans les traductions d’ouvrages divers. Par le biais de l’éditeur pour lequel il travaillait il fit la connaissance d’un écrivain, Brown, qui lui permit de faire éditer son livre. En effet, Brown avait fait fléchir les réticences de l’employeur de Julien en arguant que le scandale lui permettrait de faire de l’argent. Cet éditeur, Vanb, tenté, se laissa convaincre. Mal lui en pris car l’ouvrage de Julien n’eut qu’un mince succès. Julien en fut heureux, car les critiques qu’il soulevait lui permettaient de prendre la mesure de l’opinion sur les problèmes touchant à la Paix qu’il espérait, celle où tous les Etres Humains se reconnaîtraient non pas dans un amalgame confus mais dans une identité propre respectueuse des autres identités. Les critiques le traitaient d’utopiste, et cela nous fit bien rire puis nous attrista ce n’étaient plus des Etres qui parlaient mais des esclaves... Enfin vint notre mariage, ce fut un jour fastueux, nos familles étaient réunies et j’eue le bonheur de connaître enfin Julien dans sa totalité grâce aux conversations que nous eûmes, ses parents et moi.

Q - Que vous apprirent ils de plus ?

R - ... La vie que Julien avait mené auprès d’eux, son éveil à l’Humanisme, ses recherches, puis les épisodes de ses multiples actions, ses prises de position, sa soif de justice.

Q - En fûtes vous surprise ?

R - Absolument pas, tout d’abord parce que Julien m’en avait tracé les grandes lignes, toutefois ce que j’appris me permis de mieux cerner sa personnalité, mais il restait tout de même un vide... Pas plus ses parents que moi ne connaissions Julien dans sa totalité, seul son frère en savait plus que nous tous sur la première période de sa vie.
Q - A votre avis, pourquoi Julien aimait il peux parler de cette période ?

R - En fait Julien, comme je vous l’ai expliqué, ne voulait pas d’interférence entre sa vie active et sa vie intime, par ailleurs c’était un Etre secret, secret par réflexion je crois, je m’explique qu’il n’aurait pas aimé dire des choses dénuées de sens, c’est pour cela qu’il attendait qu’en lui-même ces choses deviennent les fruits d’une synthèse totale avant de les dévoiler. Cela pourrait expliquer le fait qu’il ne parlait pratiquement jamais de la première période de sa vie, en effet, lors de cette période, Julien cherchait sa Voie, il était dans le domaine de la passion et non de la raison. Ce temps resta certainement pour lui celui d’un romantisme exacerbé d’éclats mal dirigés en lesquels il ne voulait voir qu’une démarche et non une réalité. En fait, je crois profondément que Julien ne voulait pas parler des erreurs de parcours qu’il avait commis, non pas honte, mais tout simplement afin que ceux qui le côtoyaient ne passent pas par les mêmes épreuves que lui...

Q - parlez-moi de votre mari après votre mariage.

R - ... Et bien après notre mariage, nous sommes partis au Mexique pour notre lune de miel, ce fut un mois de rêve, hôtel, plage, soleil et amour... Lors de notre retour nous passâmes voir Piers Atley. Julien avait besoin de lui parler d’une affaire importante. Comme j’étais fatiguée, j’en profitais pour passer une bonne nuit de sommeil.

Q - Avez vous idée du contenu de cette affaire ?

R - Pas vraiment, je pense qu’ils ont parlé d’Universalité, car Julien à cette époque cherchait des points de liaisons en divers milieu pour mettre en œuvre certaines actions.

Q - Certaines actions ?

R - Oui, Julien me disait souvent qu’il allait falloir commencer à mettre au point certaines actions afin qu’une conscience formelle s’éveille.

Q - Vous a t’il parlé de ces actions qui devaient amener une prise de conscience formelle ?

R - Pas vraiment, mais je crois qu’il préparait une série de conférences dont le but était réveiller l’opinion sur son état de malléabilité.

Q - Comment était Julien à cette époque ?

R - Très fort, tant physiquement que spirituellement, il avait énormément changé en peux de temps, on sentait qu’il préparait quelque chose de puissant sans pouvoir vraiment le définir.

Q - Ensuite vous êtes rentré aux Etats Unis ?

R - Oui. Nous y sommes restés deux mois, puis mon père par l’intermédiaire d’un de ses amis réussi à trouver un poste pour Julien à Vienne, car il voulait absolument retourner en Europe.

Q - Julien voulait retourner en Europe ?

R - Oui, il trouvait qu’aux Etats Unis la vie était trop monotone, mais à la vérité je crois qu’il avait le mal du pays et peut être, et là je suis persuadé de ne pas me tromper, les événements l’ont prouvé, un besoin de reprendre une activité politique, ce qu’il ne pouvait plus se permettre dans notre pays sous peine de se voir extradé pour de bon.

Q - parlez-moi de votre séjour à Vienne.

R - L’Europe m’apparut sous son meilleur jour... Julien avait tout fait pour. Nous fîmes escale dans de multiples capitales : Paris, Londres, Berlin, Oslo, Amsterdam, Madrid, Rome où nous passâmes quelques temps chez ses parents, puis nous nous installâmes à Vienne... Une année de joie coula alors, elle eut un goût de vertige que je n’oublierais jamais. Julien avait un poste important pour lequel il était astreint à de multiples sorties. C’est ainsi que je découvris les plaisirs de la vie nocturne Européenne. Jours merveilleux où le sourire de Julien jamais ne s’effaçait... J’avais l’impression de vivre un rêve et en cela je ne me trompais pas car bientôt la chute de cet empire de félicité arriva …

Q - Comment cela arriva t’il ?

R - Lorsque Julien avait pris son poste, il s’était aperçu avec stupeur que les ouvriers travaillant dans son entreprise le faisaient dans des conditions déplorables au niveau de leur sécurité. Etant en rapport constant avec le directeur, il lui on parla. Ce dernier lui répondit que les normes étaient respectées et qu’il ne voyait pas pourquoi il débloquerait des crédits pour améliorer ce qui aux yeux de la Loi s’avérait normal. Julien n’accepta pas cette réponse et proposa un dossier de réformes afin que les ouvriers puissent travailler convenablement. Son directeur refusa ses arguments et le pria de s’occuper de son travail. Le soir même, Julien me précisait que le temps de l’Action était arrivé. Il avait un air mystérieux que je ne pouvais pénétrer... Cette dernière arriva en effet, foudroyante dans son cycle et révélatrice pour un multiple affadi par les jours et usé par les travaux... Un jour Julien arriva plus tôt que de coutume, il m’annonça comme si cela était normal qu’il était renvoyé de son entreprise, enfin qu’il avait donné sa démission sur les ordres de sa Direction.
Et que nous devions préparer nos valises immédiatement afin de rejoindre Rome au plus tôt... Imaginez ma surprise à cette annonce ! Je lui demandais les raisons de son renvoi, il me parla de son dossier, des tensions qui existaient entre sa direction et lui-même depuis le dépôt de ses propositions, et puis surtout de son engagement politique qu’il ne pouvait retarder.

Q - Vous m’avez parlé d’une action qui allait être foudroyante, quelle fut-elle ?

R - Oui, je m’avance ici dans la vie de Julien en vous parlant de cela, c’est bien plus tard qu’elle éclata, mais déjà elle se dessinait, ce n’est qu’en Italie qu’elle se dévoila.

Q - Revenons à. Vienne, à votre avis quelle fut la véritable raison du renvoi de votre mari ?

R - Je ne saurais le dire exactement, mais je crois qu’elle avait un rapport, outre le dossier, avec l’amitié qu’entretenait Julien avec un certain Strem, Eric Strem. Cet homme que j’ai d’ailleurs rencontré était impénétrable. Julien m’avait dit qu’à une certaine époque, il avait été un dignitaire dans les milieux ouvriers, très écouté et qu’il était toujours respecté mais qu’il ne pouvait plus se prévaloir de son aura car ses idées politiques n’allaient plus dans le sens que voulait donner le gouvernement à l’idéal politique en cours. Je pense qu’il avait été National Socialiste et qu’il l’était toujours, ce qui évidemment explique bien des choses. A la mort de Julien, il fut l’un des premiers à venir me présenter ses condoléances…

Q - Quelle était la pensée de votre mari lors de votre départ pour Rome ?

R - Julien rayonnait... Sa pensée était une force vive et on la sentait prête à servir. Il avait une grande idée depuis son renvoi, celle de monter un journal dans lequel il exprimerait la soif de justice et d’harmonie dont l’Humanité avait le plus grand besoin. C’était magnifique et je dois dire que j’eus du remord en me rappelant avoir pensé un instant aux plaisirs qui s’enfuyaient.

Q - racontez-moi votre vie à Rome, vos occupations …

R - Nous arrivâmes à Rome presque sans argent. nous nous rendîmes chez Paolo qui nous hébergea pendant un mois et nous prêta de quoi vivre car Julien ne voulait absolument pas demander une somme à mes parents en prétextant l’aide déjà énorme qu’ils lui avaient rendu. Ce mois fut d’une tendresse inoubliable. Julien me fît visiter ses coins les plus secrets, ceux où il aimait se réfugier afin de mieux rêver étant enfant... Puis le temps de l’action arriva... Julien repris contact avec beaucoup de ses anciens amis, notamment Richard que j’eu un extrême plaisir à connaître. La grande idée de Julien allait naître grâce à eux. Ces temps sont symboliques d’animations. Julien travaillait énormément. Il recherchait les fonds qui lui permettraient d’éditer son journal, il contactait un multiple afin de droite comme de gauche les rallier à son idée maîtresse. Enfin, lauriers de ces multiples activités, le premier numéro du « Nouveau Monde » parut. Vous décrire l’exaltation dans laquelle nous étions lors de cette parution n’est pas possible tant elle était grande, le soir de la sortie du journal, Julien invita tout le monde qu’il connaissait et j’eu la joie de voir ainsi réunies des personnalités du monde politique, pas toujours du même bord venir féliciter Julien.

Q - parlez-moi du contenu de ce premier numéro.

R - Je dois vous dire que Julien n’avait pas voulu dévoiler entièrement ses idées lors de ce premier numéro. Les articles qui le composaient dénonçaient les principaux fléaux de notre monde, guerre, autarcie des pouvoirs, irrespect de la condition humaine, etc... Julien voulait amener doucement son journal à ses véritables idées, toutes forgées à l’universalisme. Si vous voulez, ce premier numéro devait faire prendre conscience le lecteur des grandes hérésies de notre siècle, lui dévoiler au-delà de la critique la possibilité d’instaurer sur des bases traditionnelles une structure permettant l’éradication de ces maux. En fait Julien voulait introduire l’idée d’Universalité des valeurs dans ce premier numéro. Il n’eut malheureusement pas la chance de pouvoir poursuivre ce but, trois semaines plus tard, le « Nouveau Monde » était interdit !

Q - Comment cela se passa t’il ?

R - Oh, tout simplement... Deux numéros suivirent le premier. Je dois dire que le tirage commençait à augmenter ce qui n’était pas pour me surprendre. Dès lors, était ce une conséquence, le lendemain de la parution du troisième numéro, Julien fut convoqué par un haut fonctionnaire de l’Etat pour se voir interdire la parution d’un quelconque autre numéro du « Nouveau Monde » ... Julien ne voulant pas de scandale accepta. Il m’annonça la nouvelle et je fus très étonné de le voir se laisser faire aussi facilement. J’essayais de le faire revenir sur sa décision, rien n’y fit, alors je compris, il ne souriait plus, il ne parlait plus, il traversait une crise... Trois jours passèrent ainsi, l’angoisse me gagnait, Paolo, qui connaissait bien son frère, me contraignît à l’attente. Il loua un pavillon au bord de la mer et nous attendîmes. Ce qui m’étonna le plus dans cette période c’est que pratiquement aucuns des « amis » de Julien ne vinrent demander de ses nouvelles, seul Richard vint souvent. Enfin je compris : Julien avait été trahi et il ne pouvait supporter cette idée...
Beaucoup plus tard, Julien revint à lui, de nouveau la vie brillait en lui …

Q - Vous croyez que seule la trahison a permis l’effondrement de Julien ?

R - Julien avait mis toute sa foi dans ce travail, c’était son œuvre. Il montrait des signes de fatigue mais rien ne devait l’arrêter. Sa foi le soutenait et le poussait, ainsi que la foi de ses « amis » qui lui disaient croire en lui. Puis, trahi, tout s’envolait, tout se brisait, le rêve était réduit à néant... Le rêve était détruit par ceux qui l’avaient prôné... Oui, sincèrement je crois que c’est cette trahison et seulement cette trahison qui a permis l’effondrement de Julien...

Q - Julien vous a t’il parlé de cette trahison?

R - Julien ne m’en a jamais parlé ouvertement, seul Richard m’a découvert ce fait. Sachant la portée qu’allait avoir son journal, ils l’ont délaissé et attaqué afin de pouvoir préserver leurs idéaux !

Q - expliquez-moi ce fait.

R - Les amis de Julien étaient politisés à outrance et ne partageaient pas toutes ses idées. En effet, Julien dans son programme de lutte voulait abattre les mythes politiques tels ceux de droite et de gauche. Une lutte comme celle ci impliquait la disparition des antagonismes qui aujourd’hui brillent en permanence tant à l’Est qu’à l’Ouest. Cette lutte était dangereuse si elle se révélait au grand jour, car elle démontrerait que droite et gauche se lient pour affaiblir la conscience Humaine en l’empêchant de raisonner.
Si vous voulez tant que cette lutte était marginale, elle permettait d’affaiblir les flancs où de la droite où de la gauche et servait ces deux mouvements... Si Julien avait réussi cette lutte, c’eut été très dangereux pour le pluralisme politique qui ne vit que des passions... De là à trahir Julien devant l’audience de plus en plus grande qu’il avait, afin qu’il ne dévoile pas le mensonge permanent qui se veut directeur de conscience des Humains, il n’y avait qu’un pas pour qui voulait seulement vivre de prédation.

Q - Comment était Julien après sa crise ?

R - Après cette crise, Julien était comme neuf, plus posé dirais je même, empli d’une nouvelle expérience qui avait forgé sa sagesse. De nouveau ses yeux brillaient et je dois dire que j’en fus très heureuse, car un instant j’avais cru que mon mari ne se remettrait pas de cette déconvenue, les plus forts s’abattent si vite parfois... Il se décida à reprendre une activité et trouva une place de sociologue, alors revinrent des jours emplis de tendresse. Julien vivait tranquille et tout aurait pu se poursuivre ainsi si les événements internationaux, l’inflation surtout, n’étaient pas venus perturber l’ordre économique. Pour Julien le temps de l’action était revenu, non plus d’une action philosophique ou contemplative, mais d’une action pragmatique. Les grèves paralysaient le pays, les événements s’y prêtaient, il fallait agir, et Julien agit, et je dois dire que cette soif d’action fut l’une des plus belle de toute sa vie.

Q - Quelle fut-elle ?

R - Julien voulait prouver à la masse des Etres Humains qu’elle se laissait mener tant par les mouvements politiques qu’elle défendait que par les organes syndicaux qui prétendaient la défendre.
Et que sous le couvert d’une lutte acharnée entre ces divers éléments, des liens solides les unissaient. Si vous voulez c’était une application pratique des idées qu’il avait développé dans son journal. Il voulait démontrer que l’ignorance était le moteur de la lutte des classes et que si les ouvriers ne se réveillaient pas, ils seraient de plus en plus asservis... Il le fit en meneur de grève à la barbe des syndicats et du patronat... Julien était dans son élément, sa lutte ouverte fit l’effet d’une bombe. Bien entendu, ce fut de nouveau sa perte, il fut mis à la porte de son entreprise mais cela ne lui fit ni chaud ni froid. Il était heureux, il laissait derrière lui une vérité que rien ne pourrait détruire. Il en était sûr et cette sûreté le faisait rayonner... De nouveau des jours paisibles coulèrent. Nous fîmes des projets. Nous décidâmes de retourner aux Etats Unis et pour avoir un Enfant et pour que Julien puisse enfin s’épanouir librement, car il avait décidé de monter une association afin d’exprimer sa pensée.

Q - Une association ?

R - Oui, une association qui réunirait les Universalistes tout comme lui, car il disait que dans la parcellisation ils n’aboutiraient à rien et ce n’est qu’en se réunissant qu’ils parviendraient à faire aboutir leurs idéaux. C’est pour cela qu’il voulait retourner aux Etats Unis afin de travailler à l’élaboration de cette association on toute tranquillité, car ici, il se sentait surveillé.

Q - Surveillé ?

R - Pas physiquement, je ne pense pas, mais il avait trop fait parler de lui et il disait que s’il essayait de monter quoi que ce soit ici, cela lui serait impossible, tandis qu’aux Etats Unis, pays de la liberté de pensée par excellence, là où les mouvements foisonnent, il lui serait plus facile d’agir.
De plus, je vous l’ai dit, nous voulions un enfant et pour cela, il voulait que la paix règne autour de nous afin qu’il naisse dans l’équilibre et l’harmonie... Puis... Le soir du 22 novembre, alors que nous devions partir bientôt, on me prévint que Julien avait eu un accident et qu’il était mort Pour moi, ce fut comme si la Terre avait cessé de tourner, la vie de vivre, la joie de tourbillonner, le bonheur d’essaimer …

Q - Les rapports de l’enquête effectuée après la mort de votre mari, confirment la thèse de l’accident. Etes vous d’accord avec cette thèse ?

R - Je ne saurais l’affirmer.

Q - croyez-vous que votre mari a été assassiné ?

R - Julien en tout état de cause ne semble pas être mort de mort naturelle, il ne buvait pas, il a été retrouvé imbibé d’alcool!

Q - Votre mari avait il des ennemis ?

R - Julien n’avait pas d’ennemis à proprement parler. Certes il a souvent été abandonné pour ses idées mais jamais ceux qui se séparaient de lui ne lui en voulaient au point de le voir supprimer. D’ailleurs ils revenaient toujours vers Julien car ce dernier savait préserver l’amitié. C’est ainsi que ses plus durs ennemis au point de vue politique étaient ses meilleurs amis dans le privé. Je pourrai citer Richard par exemple qui en est vraiment le symbole.

Q - croyez-vous que votre mari se soit suicidé ?

R - Ce n’était pas dans sa nature.

Q - Pourriez vous me définir ce que Julien aurait pu devenir ?

R - Julien a été je crois le symbole d’une lutte humaine. J’irai plus loin, je crois qu’il définissait l’humain véritable, il faisait parti de cette classe humaniste qui aujourd’hui élève la vérité au-delà des partis pris. A l’aube de sa mort, il avait franchi les étapes de la connaissance et s’apprêtait à faire naître l’idéal Universaliste dans toute sa force dans les consciences. Dans l’intimité, Julien était l’amour personnifié, il ne haïssait personne, il comprenait et il se servait de cette compréhension pour tenter d’améliorer tant les gens qui vivaient autour de lui que ceux qu’il ne connaissait pas. Définir ce qu’il aurait pu devenir, c’est chercher à définir l’infini ou l’absolu, l’infini dans l’action qu’il allait entreprendre, l’absolu dans la réalisation de cette dernière... Mais là, c’est dépasser le stade de la connaissance, car Julien ne parlait pas ou peux de ses projets, en fait il n’aurait pu devenir que ce qu’il était lui-même, une force de vie, un cristallisateur de cette force de vie.

Q - Julien était il dangereux ?

R - Non, il ne pouvait être dangereux pour le multiple car il lui apportait le principe même de sa régénération... Peut être l’était il aux yeux de certains qui vivent de l’abrutissement des masses humaines, mais je ne le pense pas, car finalement il n’était pas assez connu...

Q - La pensée de Julien vous paraît elle on avance sur son temps ?

R - Peut être que oui, peut être que non, aujourd’hui les valeurs définies par ces trois ou quatre derniers siècles s’écroulent, les jeunes recherchent dans les traditions les valeurs qui leurs permettront de faire naître une société stable et harmonieuse.

Q - Idéal de votre mari ?

R - Entre autre …

Q - Vous m’avez dit que votre mari allait créer une association de type Universaliste, ne croyez-vous pas qu’en cela il pouvait devenir un maître à penser pour cette génération qui cherche sa voie et qui pour l’instant rejoint certaines idées de Julien ?

R - Cela n’est pas improbable.

Q - Considérant cela, Julien pouvait s’avérer dangereux …

R - Effectivement …

Q - A votre avis, quel événement de la Vie de Julien aurait pu, en admettant qu’il ait été assassiné, motiver cette mort violente?

R - Si Julien a été assassiné, je pense que c’est à cause des conférences qu’il préparait …

Q - Pourriez vous nous fournir les textes de ces conférences ?

R - Elles ne vous apporteraient rien, car elles sont très générales et ne citent que peux de noms, et puis, elles sont retranscrites dans son journal intime, non, je ne pense pas que ces textes puissent vous apporter grand chose.

Q - Quel est leur contenu ?

R - Elles sont explosives, elles reprennent les thèmes qu’il avait développé lors de ses prises de position publique en les accentuant, toutefois je vous le répète, elles sont d’ordre général, le principal étant en mémoire.

Q - Alors pourquoi les conférences ?

R - Julien s’apprêtait une fois son association créée à les publier, il est bien évident que les mises en cause qu’elles impliquaient ne pouvaient laisser insensible une partie de l’opinion.

Q - Qui aurait eu connaissance de ces conférences ?

R - Tous les gens qui avaient côtoyé Julien avaient eu vent de ce projet, et puis, un des numéros du « Nouveau Monde » avait anticipé sur leurs sujets, de fait ce projet n’avait rien de secret.

Q - Pourriez vous me prêter le journal de Julien ?

R - Non... Comme je vous l’ai dit, ce journal est trop intime et par respect pour la mémoire de Julien, je ne vous le prêterai pas, comprenez-moi, il est le dernier lien vivant qui me reste de Julien et …

Q - Je vous comprends, pardonnez-moi. Une dernière question si Julien avait vécu, croyez-vous qu’il aurait réussi à faire passer ses idées dans le grand public ?

R - Oui, je le pense, d’ailleurs il était trop vivant pour ne pas y parvenir, et rien n’aurait pu l’arrêter …


 

Ecrins :

©Patinet Thierri .

ISBN 2-87782-004-1 ISBN 2-87782-104-8

Dernière Mise à jour ( Lundi 01 Janvier 2007 à 09:39 )
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