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Aégir au vent puissant de l'orbe ... PDF Imprimer Email
Écrit par Patinet Thierri   
Vendredi 30 Décembre 2005 à 19:06
Aégir au vent puissant de l'orbe ...


Chant d'Est en marche du propos, tel en ce monde éclos des Oasis incertains qui baignent de leurs cils les étalons à la brume tombée, toutes vagues sans repos dont le miel, satin des roseraies aux lys éperviers, effeuille les routes sombres d'ombres assumées aux vastes désinences des candeurs anonymes, fierté des âges et prouesse des cimes, fierté partagée aux écumes vives qui enseignent des mâtures les rives parfumées et les élans sauvages,

Dont les sillons exploitent de leurs voeux toutes fêtes à Midi, toutes fêtes éclairées dont le satin de l'ivoire partage la mémoire et éclaire de ses règnes l'onde mère des surfaces tendres de la nue complice, instance de mage densité aux forces libérées qui de volutes en volutes éprennent leur condition pour savourer des algues le lieu d'une magnificence commune, éclair du Chant, éclair du Règne, et toutes voies insignes,

Au delà de l'affliction des formes qui se déshéritent et se naufragent, et toutes voies en fêtes dans l'annonciation splendide de l'Amour qui s'embellit, ainsi en vague de ce sillon l'orbe prêtresse qui se tient, cette naturation féconde des lys perfections dont les azurs constellent de leurs demeures l'équipage novateur qui respire leurs embruns, forges des talismans qui ne s'évitent mais se prennent afin de forcer l'Eternité,

Volition qui ordonne, de celle qui fulgure les lendemains à naître, au delà des paradis artificiels qui vont de clameurs en clameurs fortifier l'irréalité et ses écrins votifs, au delà de ces apparences trompeuses qui voguent sur l'Océan en désignant des mirages que la vision ne sait voir, tant d'assurance dans ce regard neuf, tant de détermination dans cette face noble qui surgit, tant de joie et tant de réelle autorité que le firmament de l'Age s'incline,

Pour offrir aux majestueuses embellies la pluviosité d'un souffle et la consécration d'un rite, éclair aux marches d'un palais dont les épures safranées déploient leurs oriflammes sur toutes tentations de l'Etre, sur toute vérité au delà des prosternations et des abîmes, au delà des sagesses d'apparences et d'apparaître, au delà de ces vêtures inconséquentes qui ploient sous les armes sans répit d'une pitié parasitaire qui lentement s'englue,

Dans l'inutilité de l'action comme de l'imagination, toutes voies enceintes des surfaces éployées qui de rythme en rythme délibèrent les vastes fronts de la splendeur et déjà dans la rime éveillée, désigne la pure jouvence d'un élan mystique et fabuleux, du devenir le rayonnement, du souvenir sans refuge, de la vaste promptitude des éclats qui vont de sites en sites développer l'éveil d'une ardeur nouvelle à voir et fortifier,

D'une force destinée qui ne peut que s'accomplir dans la tresse des émaux de l'Amour et leur couronnement, étreinte du Voeu qui s'accompagne et dans la hardiesse du jour neuf acclame son élan afin de fêter la dignité du signe qui s'invente, se compose et se révèle dans l'affirmation de la Vie et de ses prouesses, D'Iris le nom sacré l'aventure de la beauté des rives opalines, fruits vivants l'Azur et ses serments du séjour la pluie d'Or,

En ces liens indéfectibles venus et revenus des âges incertains dans la splendeur du témoignage et dans l'accomplissement qui se devait pour s'offrir et s'iriser de la plénitude comme de la jouvence éternelle qui ne se parure mais se vie dans sa finalité et son exhaustive étreinte, demeure s'il en fût de plus noble et de plus vaste dont le firmament ce jour d'Ile nouvelle à voir s'exauce et se partage pour la raison de la nomination,

Du Chant de l'Harmonie ne pouvant se révéler que dans la fécondation de l'Avenir et de ses fastes, jour de splendeur s'il fut dans la reconnaissance du parcours de l'Unité s'évertuant maintenant à la connaissance de cette terre en laquelle le sacre du Printemps était tenu prisonnier par cette force singulière des ténèbres le lieu, Oeuvre du Chant à naître et signifier pour que les chaînes tombent des cils de l'Amour magnifié ne demandant qu'à vivre ...

... Ainsi nous y voici, et l'onde amère de ce passage, l'onde délétère de ses ramures qui nous menèrent à travers ces paysages dantesques dont la nuit volatile nous était promesse d'une aube de renouveau, que de fresques combattues dans cet ordre qui n'était que pâle renommée de ce qui nous attend et que nous devrons vaincre afin de fertiliser le jour neuf qui nous verra réunis à Iris, Feu de l'Amour de mon ambre le sacre d'un salut et d'une ovation,

Ainsi le souffle et l'embrasement du souffle dans le vol du dragon qui nous permit le signe de ce séjour dans lequel nous allons appartenir au seul symbole de l'équité et de ses membrures divines qui fulgureront la Déité et permettront l'évanescence des scories qui épuisent le monde de notre Amour, ce Monde dans lequel nous sommes partis et au delà destins de son éternité et de son rayonnement, de son sacre comme de sa vitalité,

Ici se tient le lieu, et nous le savons, ici se tient le Chant et sa prison que nous devons détruire afin qu'ils puissent de nouveau enchanter l'horizon et sa plénitude, délivrance sublime dessinant de ses hospices les clartés au delà des ombres assouvies qui bâtissent leurs nids dans ses frondaisons qui furent d'azur et le redeviendront par le voeu de notre force, par le voeu de notre élan, de notre joie et de notre courage associés,

Et nous prendrons ce droit comme il se doit de vaincre ou bien mourir, de vaincre les turpitudes de la nuit pour que l'aube s'éveille et se vitalise dans l'orée superbe de la désinence d'Etre, d'Etre aimé et d'Etre à aimer, dans le flux de la Vie, dans tout ce qu'elle a de composantes magnifiques, dans tout ce qu'elle a de magique et d'éternelle, afin de soustraire l'inutilité d'une dérive qui ne sied à sa grandeur et son exacte destinée,

Ainsi dans ce Règne notre séjour qu'il nous suffit de comprendre pour en naître les écueils et les affronter, qu'il nous suffit d'intégrer pour en comprendre les vitales harmonies qui nous serviront d'appui dans ces combats qui viennent et que nous ne faisons pour l'instant que pressentir, pulsions domaniales de ce site dans lequel nos pas foulent un limon annihilé et prosterné devant les ruines de la Vie et de ses augustes majestés,

Ainsi dans ce Chant notre désir commun, né de notre Union sacrée, qu'il nous faut maintenant mettre à l'épreuve dans ce fleuve de gloire ou bien de déperdition, dans cet Océan qui deviendra limpide ou restera amer suivant notre victoire ou bien notre chute, Hrim au vent puissant de la Lumière qui ne peut continuer sur ce versant a servir les ténèbres et leurs flots dissipateurs de vie et de beauté, et leurs flots navigateurs de folie,

Compagnons, que nos armes soient prêtes, que nos coeurs soient trempés dans le plus dur acier, que nos esprits soient aux aguets, que nos âmes restent pures, le temps nous est venu de la confrontation, le temps nous est venu des signes qui seront les guides de nos pensées les plus secrètes, il est temps de vivre ou bien mourir, il est temps de nous voir naître ou bien dépérir, mais conserver le sens de l'honneur par tous les feux qui nous deviendront,

Et l'onde est en ce jour qu'il nous reste à naître et l'onde est en ces feux qui nous observent et nous questionnent, deviendrons nous ou à la poussière resterons nous, éclos du jour, venons donc ce sérail et que ses fruits les plus doux comme les plus méprisables viennent à nous pour que nous puissions prendre mesure de leurs écrins, de stances sablières l'éperdu des temps leur essaim qu'il nous faudra contrôler pour persévérer notre quête,

Voici donc le jour neuf, mes compagnons, voici donc ce terrain d'action qu'il nous faudra découvrir et je reste persuadé de vos forces, et je reste conscient de notre inconscience de nous aventurer si loin dans les méandres de l'agonie, mais nous le faut il non pour nous prouver notre éclat mais pour délivrer de ses chaînes la pure beauté à laquelle nous avons prêté serment, moi dans l'Amour, vous dans l'Enamour, vaste Foi qui nous embellit ..."

Anse des marées portuaires, l'Ile était là, reflet de toute perception du quatuor qui maintenant réalisait sa destinée, et l'ambre en site du devenir témoignait, qu'Iris en sa saison l'ouverture du rythme qui façonnait le détail de cette troupe revenue des orbes du désert pour s'enchanter dans ce labyrinthe des âmes mortes qui dérivaient la gravure de cette face marbrée d'aisance et de pamoison dans l'azur incertain que les regards maintenant fixaient,

Il y avait là demeure d'un hymne qui s'élevait mais avait bien du mal à se comprendre, tant de rites sans assouvissements les termes de ses chants qui s'amenuisaient dans la conscience en la préhension du sort qui se devisait, et l'ambre à mi saison, sans rupture de cette force lentement jaillissait la gravure de cette face enlisée certes de ténèbres mais au delà de la corruption, la Nature maîtresse de tout propos, élevant ses ramures par delà l'horizon,

Insigne en la présence des Etres de ce temps soulevant leurs voiles mystérieux devant cette cohorte venue de nulle part, pêcheurs de souffles à demi nus sous le soleil voilée qui portait encore ses rayons sur cette entité méconnue dont le feu perlait des arabesques étranges dans les sentes de ces épervières mélancolies, diurne éclat aux algues des roseraies qui s'épanouissaient sous les pas voyageurs comme des contes de racines en mal d'éternité,

Veneur guidait sa troupe au milieu de ce lieu épris de ses vertiges, et chacun conduits et conduisant prenait mesure d'une force irréelle qui semblait s'être emparée à la fois des terres, des cieux et des Etres rencontrés, tant de faces impromptues dans les rencontres qui s'égaraient, improvisation de fugitives évanescences éclairant de brefs instants l'esprit d'un tumulte et d'une gloire autrefois méritée ce jour à peine témoignée,

Chacun se taisait devant ce monde, tout en ses pensées, ses questions, ses abîmes et ses cimes, le souffle seul délibérant autrui pour comprendre l'essence de cet enclos dans lequel chacun concerné et concernant s'adressait pour trouver au delà des remparts une certitude que rien ne viendrait détruire, celle de toujours Etre là où ne se rencontrait non pas comme à Sigyn, des Etres dénatures, mais des Etres désincarnés qui ne cherchaient le dialogue,

Qui non plus ne fuyaient, mais toujours semblaient issus d'une torpeur dans laquelle ils se complaisaient et s'anéantissaient, semblant ne rien voir sinon qu'eux mêmes, et encore, cela n'était pas certain, donc en chaque état comme en chaque moment de leur existence, semblant déjà mort, triste répond d'une incarnation qui ne se concevait que dans la préhension de la réalité de ce phénomène né de la puissance de Zeldra,

Lutter n'aurait servi de rien pour appréhender ce fait, il fallait, et la troupe en convint, se laisser bercer par cette irréalité, non pas en malmener les défections, mais en suivre les méandres afin d'aller au delà des imperfectibles conditions qui étaient la mesure de cette terre curieuse, terre austère s'il en fut et pourtant non dénuée de vie dans son royaume, car là existait le minéral, et la flore parsemait ses élans, et la faune sans inquiétude s'y baignait,

Insigne de la géographie Sacrale, Veneur arrêta sa troupe pour essayer de percer le mystère de cette Ile et sinon la situer déjà peut être la comprendre par d'autres yeux que les siens qui furent, ces yeux qui permirent la renommée de tout ce qui était vivant à la surface de Véga, des tablettes il retira les sources d'Aral et de ses Iles, retrouva les Alfes et les Nixes, d'autres Iles encore, situées bien au sud et enfin le nom sans oubli, Gullveig, la mystérieuse,

Un nom pour un chant, un nom pour un hymne, des formes curieuses aux vastes fronts de l'Océan, un semblant de continent perdu dans l'Océan de Hrim, que personne pas même les marins d'Alphaeïm ne connaissaient, Nature d'un enchantement ou bien d'un enfantement, du séjour l'astre la clarté d'un front pusillanime qui féconda l'Astre et sa demeure, délivré du message l'appesantissement d'un sort qui devait perdurer l'éternité ...

... Et la pluie du langage dans cette aire qui nous détermine, la pluie de la Voix s'exprime dans le regard qui sied aux habitants de cette Ile, ne les regardez, ne les voyez, ils ne sont pas, ils ne sont qu'errances de domaniales participations aux éloquences d'un plus vaste drame qui officie dans leurs remparts et dans leurs fastes, des ambres à genoux qui constellent d'ivoire les prairiales demeures qui furent un jour de vivante acclamation,

Que le songe ne s'exprime, leur réalité fugace témoigne de leur inconséquence, de leur mot écrit qui ne sait plus se lire ni même s'écrire, il y a là bien des rites qui perdurent dans la tonalité des vagues de Hrim dont la puissance elle même ne peut rien pour circonvenir leurs écrins maladifs et stériles, nous sommes en face d'Etres qui furent et cela n'est rien de le dire, faut il le vivre avec toute la témérité qui se doit pour que nous puissions avancer,

Eclore le Voeu de notre destinée, libérer la beauté qui se tient cachée, la vertu qui est immolée, la tendresse qui est prisonnière, toutes voies que ne savent lire ces Etres éperdus dont les litanies commencent à emprisonner nos esprits de leurs liens et de leurs lieux, vagues qui s'éparpillent et se pressent dans le songe de nos incarnations, vagues qui règnent de fausses harmonies dans la douleur d'un soupir qui s'évertue,

Ne nous laissons leurrer dans ces mélopées qui stancent leurs défaites et s'arrogent le droit de naître en nous de vastes mélancolies qui sont pires que le désert que nous avons traversé, ne nous laissons méprendre sur leurs inquiétudes qui frappent nos coeurs d'un sourd grondement, celui de la peine déchue qui cherche un point de rupture pour reconnaître la face cachée de nos âmes et pénétrer ainsi la force de notre déploiement,

Il n'y a de fête dans l'arceau de leurs béatitudes, il n'y a de corps dans la présence de leurs mots, il n'y a de chair et d'émotion dans leurs avides présences, il n'y a que les reflets incarnés de pensées détruites qui perdurent des mots et les semences de ces mots, d'avides arrogances qui festoient des principes de la Vie et s'acclament en sillons par les vagues de l'Océan frontal qui devisent leurs respirs sans joie et sans partage,

Le voyez vous, le sentez vous, ici se tient le lieu de la Mort et de ses cohortes, ici se tient le jour déchu ce qui explique les vaporeuses indéterminations du soleil qui se voile sous les assauts d'un monde infertile qui ne connaît de caresse que celle de la stérilité et non de la fécondité, ici se tient le refuge de la désincarnation et de ses habitudes, de ses remparts insipides et de ses tourelles crénelées de crânes dévorés,

Nous sommes en marche de ce devenir, il ne faut pas nous tromper, nous sommes en marche de cet avenir, il nous faut bien le comprendre pour en cerner les desseins et les morbides langueurs, l'horizon exprime cette moiteur dans laquelle se bercent ces semblants d'Etres qui nous regardant cherchent à satisfaire le dernier besoin de vie qui est racine de leur conscience prisonnière, car là aussi, il ne faut pas nous tromper, certains sont encore vivants,

Et leurs yeux sans regard pourraient luire d'une flamme en laquelle nous risquons de disparaître, car leur puissance réside dans ce secret qui ne se dévoile mais se comprend, qu'ils sont capables d'engendrer en épuisant l'énergie de chaque Etre comme de chaque lien qui respire de la Vie, celle qu'ils n'auront plus mais dont ils restent convoitise, espérance et désir afin de satisfaire des exigences qu'ils sont seuls à connaître,

Car forgées de leurs vies antérieures, de ces vies qui furent et dont les essences et les parfums stagnant dans les hautes régions de l'Ether nous témoignent la raison, l'irraison aussi, la noblesse parfois, le courage bien sûr, mais bien souvent la lâcheté servile qui leur servit de rempart pour affronter leur servitude, celle née de leur élan à servir cette intrépide et délétère mortification que nous allons combattre et j'espère vaincre ... "

Présence du Chant, l'orbe majeur dessinait sur l'horizon ses sillons marbrés de sylves et d'errances, le semblant d'aube qui venait en liseré semblait échu d'un pouvoir incongru dans lequel se baignait une rive lavée par les fraîcheurs des vagues de Hrim, la troupe avançait ce sillon et l'écume balayait devant elle les scories de la nuit aux festivités inquiètes, il n'y avait là rien de représentatif de ce que l'on aurait pu dénommer joie,

Les rencontres éparses des Etres de ce temps se renouvelaient dans la même litanie, une tentative d'approche puis une fuite égarée témoignant de l'atrophie de ces semblants de vivants qui ne cherchaient le dialogue que pour mieux se confronter et non pas pour se lier, la route indéfinissable se poursuivait au lointain, parmi des arbres que l'on aurait pu juger magnifique si les vaporeuses circonvolutions de l'éther ne masquaient leurs membrures étonnantes,

Un cours d'eau sinuait vers les terres des évanescences brumeuses où l'on devinait plus que des formes des amas de forge engendrée dont les laves bouillonnaient des crispations stridentes qui se répercutaient dans l'infini, revenant sur les terres dans un élan moité de règne qui s'effaçait pour ne plus laisser place qu'à une rumeur opiacée dont les effluves dans le silence parfumaient l'aurore d'un encens entêtant et dérangeant,

La troupe se dirigea vers cet amas, traversant un champ lavé de frisson où les herbes rares s'éparpillaient dans des entretoises gravées dont les symboles ruisselaient des atermoiements et des plaintes que seul l'inconscient pouvait saisir tant de scènes découvertes aux fluviales arborescences de leurs entrelacements brefs et soumis, la nature disait là ou aucun Etre ne semblait devoir parler, et ses semis en friches engendraient des contes étonnants,

Mémoires des lieux, ils invitaient les présences au recueillement par l'astre dévoilé qui dérivait le paysage, par delà le guet que franchissait la cohorte, un guet fait de lambris de palissandre, de vieux chêne et d'ivoire dont le monticule couvert de lierre épousait la surface de la terre d'accueil afin d'en soustraire au regard les mélopées avides qui se couvraient de désir dans l'espérance d'apprivoiser les Etres en son passage,

Jeu dévié par la troupe aguerrie qui ne se laissait intimer l'ordre de son devenir par les fresques de ce paysage, le but seul concernant l'esprit unique né du gestalt des forces et des chants des compagnons qui s'entraidaient les uns les autres devant les miasmes qui auraient pu décomposer leur harmonie, insigne victorieux leur permettant de naître l'horizon qui maintenant révélait la nature de l'amas qui se dressait devant eux dans une clameur dénommée,

L'informe devenait formes et l'on pouvait voir en son sein le règne de sa forge, des élytres les foisonnements de la nuit l'hivernale grandeur de stalactites développant des nuées de jade et d'or entrelacés dans des ramures épousées dont les correspondances sous le souffle de l'air enchantaient le répond de l'hymne entendu au large par la troupe, et ce lieu s'évertuait dans une raison particulière de laves arborescentes qui striaient l'azur de couleurs mordorées,

Dessinant un escalier s'enfonçant au plus profond des entrailles de la terre visitée, de marbre les veinures dissipant des armes les volutes d'inscriptions incompréhensibles qui s'agitaient sous les précieux développement des couleurs embrasées, ondulant des écrits les mots épars que le conscient pouvait éprendre et reconnaître dans une effluve interpellant chaque ramure de la personnalité de celui qui les comprenait,

Piège s'il en fut de plus pur caprice pouvant prendre en ses liens les épures innocentes mais ne pouvant défaire les Etres qui regardaient se dérouler les pulsions de leurs heures dans ces sursis de minéraux qui s'impatientaient de ne les voir se confondre en leur sein, lieu du Chant ils s'avancèrent sur ces marches qui ne pouvaient les distraire de leurs forces, parcourant ainsi des mystères les éclosions de leurs fastes ...

... Et notre pas ne doit s'éloigner des rives qui sont contraintes dans ce défi, les images qui nous sont renvoyées ne sont que des effluves des épures qui se montrent de nos faces, à l'assemblance des rivages que nous avons connu dans le désert, plus stylisées certes mais de même nature, Zeldra, prêtresse en son royaume se renouvelle et s'éperd dans ses litanies qui ne sont que les convoitises qui accroît leur pouvoir lors qu'elles ne sont que pâles figures,

Que nous pouvons sans failles dissocier, que nous pouvons destituer sans qu'elles atteignent leur but ultime, celui de nous voir nous rendre à leur désintégration, à leur dissociation, cette force qui voudrait nous voir parcellisés à l'infini afin que notre harmonie se voit destituer et réduite au néant, ainsi que chacun veille dans le destin des autres, ainsi nul de ces atteintes ne pourra nous enliser dans la destruction,

Ce lieu de naître est écaille virtuelle du monde de Zeldra, ressentez ces effluves, il y règne des menstrues de glauques incertitudes et par ailleurs, chrysalide curieuse, une émanation qui ressort du divin, et là nous pouvons voir qu'au delà de toutes failles coexistent à la fois la laideur mais aussi la beauté, l'une l'autre ne pouvant vaincre totalement la surdité de chacune, et de ces remparts de l'une l'autre nous faudra t'il nous servir pour aller plus avant,

Ici des marbres solsticiaux, ils sont les veinures du passé et les commentaires du présent, et déjà dans l'avenir le cycle sans failles qui nous vient, de l'amas qui fut la forme qui est, cette forme d'une énergie magnifiée qui ne s'isole mais toujours perdure malgré les tumultes de la nuit et de ses déités moitées de songe et d'ivresse, Energie qui ne peut se détruire ni s'annihiler sous peine de tout annihiler et détruire,

Ivoire, l'Oeuvre est en sillon, et là bas dans ce règne minéral ces pas furtifs qui vont les coursives de la terre, des conques brumeuses sous le feu qui se déclare, des alcôves bruyantes dans lesquelles on ressent des présences habiles, des sourires inquiets et déjà la force qui se meut, il y a là mesure de vivants, respirez ces hospices, respirez ces gravures, elles n'ont été faites du hasard mais de mains bâtisseuses et éclairées,

Il ne nous suffit d'en croire l'emprunte, il nous faut aller plus avant, et restant sur nos gardes délimiter la pulsion de ces actes qui se montrent et se démontrent dans la façon des arrangements des limbes sans sursis qui éclairent de leurs fastes les écrins de ce labyrinthe où les espaces s'agrandissent et s'amenuisent comme pour mieux nous tromper sur le sort de leurs officiantes générosités, rien de stupide dans cet agencement curieux,

Rien de facile non plus, et la raison est là de ce témoignage, que ces gréements sont présent pour destituer la force de la nuit, car ils sont tissés d'une force que je reconnais, celle non de la pitié ni même de la faiblesse mais de la force tranquille qui agit, de la force claire et éclairée qui veille le chemin de l'harmonie et de ses signes, dessein d'un coeur qui palpite les frondaisons de ces minéralités qui s'épanchent et s'enchantent,

Ne nous méprenons, il ne s'agit d'accroire, il y a la toute fonction de toute devise, et rien ne nous dit que nous trouverons le port, les enchantements s'ils sont clairs ne sont peut être que les flux d'une évanescence plus profonde que je ne reconnais pas mais qui peut exister et nous leurrer, ainsi ne soyons que maîtres de nous mêmes, et dans la prudence continuons notre recherche pour comprendre la raison de cette citadelle aux rives de cette Ile méconnue,

Allons et que nos coeurs ne défaillissent, nous trouverons le chant de cette force qui se sublime pour apprivoiser les corps et embrumer les esprits, destituer les âmes et circonvenir l'Unité, restons sur le fil des veinures et progressons cette entité dont je pressens les souffles vivants derrière le miroir des songes qui affluent et participent à ce leurre dans lequel nos pas s'affermissent et ne se comptentent afin d'agir leur salut ..."

Prisme de la pensée aux remparts élevés, l'orbe du règne s'évertuait de haute vague par la sphère engendrée et le cil du parcours devenait de plus en plus dense et souverain dans les liens embrasés des sentes rejointes, il y avait là un nid de verdure de curieuse légitimité dans cet endroit où l'on ne s'attendait à trouver que rocailles et indétermination, et dans ce semis de moisson un hameau livré de génération ou se trouvaient des foyers illuminés,

Du ciel la fracture du labyrinthe venait des voiles la perception d'une luminosité suffisante pour animer la surface moirée de ces scintillements floraliques qui épanchaient une soif d'être et perdurer, et dans l'atmosphère régnant un parfum de quiétude qui magnifiait l'existence de ce lieu, faces nouvelles à voir dans l'ombre et ses jeux de facettes renvoyant le clair mystère d'une appropriation que rien ne devait troubler,

Pas même l'arrivée de la cohorte qui, émerveillée, laissait aller tous ses sens dans cette tribale arborescence où rougeoyaient les lucioles d'une pérennité qui inversaient la nature même de l'écrin traversé, insigne nanti qui devisait ses frontières aux calices de parterres qui n'avaient rien d'imaginaire, car gréés de façonnages lumineux dont les cristallisations renvoyaient dans l'éther des ondes de chaleur et de bonheur partagés,

Conscience le gestalt apprivoisait ce sérail, et dans la forme devinait les présences d'Etres en éveil qui annonçaient leur avance, de petites formes aux yeux incandescents dont les éclairs traversaient, fugaces, le respir des esprits de la troupe, questionnant et répondant la mesure de la pénétration de leur désir comme de leur force afin de s'assurer des intentions de chacun face à leur découverte et leur apparence extraordinaires,

Veneur délibérant les hymnes en parcours intima à la troupe un arrêt qui permit aux Etres de ce champ d'exposer leur mesure pour qu'ils puissent poursuivre leur chemin, s'avancèrent alors, à l'assemblance de la cohorte, quatre Etres bâtis en force, armés et volontaires, la main droite levée dans un signe universel et compris signifiant le désir de l'amitié, auquel ils répondirent par un salut semblable, scellant ainsi la Voie d'une paix intime entre leur puissance,

Puis, éclos des pas de chacun, les uns les autres firent connaissance, ces Etres aux formes sveltes malgré leur petite taille étaient parfaitement constitués, vêtus de tissus éblouissants, leurs armes ruisselantes de joyaux, ils transparaissaient un degré de sagesse qui n'était pas élémentaire mais bien plus puissant, et sous leur sourire discret on devinait qu'aucune peur ne les traversait devant la présence de ces géants qui venaient à eux,

Le plus âgé d'entre eux qui semblait être le chef et qui se révéla tel, engagea le dialogue avec Veneur, après quelques tâtonnements ils trouvèrent une langue commune qui leur permit de se comprendre, lors, Nilfung, le maître des lieux, les invita à se rendre dans le hameau qui leur était apparu, après une marche à travers le déguisement des apparences qu'il leur aurait demandé bien des épreuves pour le franchir, ils parvinrent sur la place centrale,

Là, tout un Peuple surgit de l'immensité des clairières, une tribu majestueuse de vieillards, de femmes, d'enfants, et d'hommes en pleine possession de leur force, les yeux scintillants de cette étrange lueur dont la troupe avait constaté le pouvoir singulier, les uns vêtus de pourpre, et les autres d'émeraudes, certains nus, la chair incandescente et mordorée, d'autres encore équipés de pied en cap d'armes de guerre, et d'autres encore,

Les plus jeunes souriant, les plus vieux, sans inquiétude, le regard insistant, tous rencontrant l'éclair de Nilfung qui d'un geste apaisa les demandes quand à la nature des Etres ayant réussi à percer leur demeure et leur asile de bonheur, chacun en ce rite épousant la fidèle dénomination de leur chef et des lors retournant à ses occupations, seuls restant auprès de la cohorte et Nilfung les conseillers de la tribu et les chefs de guerre ...

"... S'il vous prie de nous suivre, et que notre chemin soit le vôtre, vos pas dans les nôtres afin de ne sombrer dans ces pièges qui sont autant d'aimants pour les Etres mendiants et ceux plus féroces et reptiles qui guettent nos tribus afin de satisfaire leur désir de puissance et de violence par ces lieux que vous découvrirez, nous sommes surpris de vous avoir avec nous, surpris que vous ayez déjoué tant de leurres pour que notre rencontre se fasse,

Il n'y a de crainte sur vos visages et nous sentons dans vos esprits une force douce qui ne se meut que si elle est soumise à la désintégration, ainsi êtes vous parmi nous et allez vous venir le premier cercle de notre Peuple, ce cénacle où nous siégeons pour préserver nos droits légitimes sur cette terre sur laquelle maintenant nous n'avons de prise qu'en ses sous sols et ses cavernes, là où les affres de feu s'élèvent vers les cieux,

Là où les stridentes circonvolutions du coeur de Véga s'expriment afin de désigner aux surfaces notre colère légitime, la colère de tout un Peuple se voyant déchu de ses arborescences pour le privilège de faces ténébreuses qui réalisent leur destin en souillant l'avenir d'une harmonie, là où la Vie témoigne encore au grand regret des prédateurs qui, fauves, s'enhardissent afin de nous destituer de ces lieux les plus secrets pour assouvir leur gloire,

Ainsi tel en ce monde sommes nous, et sauvés par le corps même de notre taille qui nous permet de nous cacher au plus profond des entrailles des sables, des racines et des fresques naturelles qui embaument chaque lieu préservé de l'outrage de ces nauséeuses perceptions que vous avez pu ressentir en arrivant sur les rives de Gullveig, Ile au nom maudit qui ne se respire plus outre monde par les arcanes du savoir de Véga la magnifique,

Car il vous faut comprendre qu'avant même d'aller plus loin nous ne sommes pas là par hasard mais de circonstance en votre marche, gardiens prévenants des mondes rencontrés, gardiens de cette Ile en ses ramures les plus secrètes qui ne se naufragent malgré les dimensions qui se sont instaurées en son sein et qui cherchent par tous les moyens à détruire sa dimension exacte afin d'initier par ses écrins le destin de toute la planète qui nous sied,

Gardiens devenus après qu'être maître de ce feu qui songe son cristal d'harmonie maintenant qu'il n'est plus qu'avec nous que refuge des entrailles de ces sérails qui se situent les uns les autres près des rivages les plus hospitaliers, là où les ombres ont discernés leur possibilité d'irradier leurs volutes de noir dessein, par delà ce monde, vers les autres mondes qui les ignorent et en connaîtront un jour les ravageuses destinées,

Gardiens pour ceux qui s'aventurent sur nos rives et dont il nous appartient de prévenir le chemin, gardiens pour ceux, et ils ne sont pas nombreux, cherchent à redonner la Vie à ce lieu, mais aussi témoins de guerre pour ceux qui cherchent à bâtir leur nid dans l'orbe destructrice qui s'évertue sur les surfaces, ainsi nos ramures et nos pièges qui sont autant de leurres et éperdent les égarés de la Vie qui ne prônent que la mort et ses densités,

Leurres voyant des êtres désincarnés les ruissellements d'eaux vives dans le feu salvateur qui sacralise leur immortalité, en force de ce sérail qui ne se disjoint de ces orientations qui nous mènent et nous inspirent, qui nous ouvrent la Voie et nous permettent d'ouvrir la Voie aux plus vastes destinées qui se meuvent et épurent de leur voeu les lendemains à naître et non seulement espérer, les lendemains à vivre et non seulement rêver,

Ainsi notre Chant, ainsi notre vocation dans l'astre du séjour qui s'émeut, ainsi notre surprise de vous voir naître à nos côtés, là où nous n'avons reconnu qu'un seul Etre en son temps qui, trop pressé dans sa quête, a oublié de regarder ce que nous étions, Térik fût son nom, et je vois que vous aussi l'avez connu, et sa perte fut de ne venir que pour voir et non agir, ce qui apparemment n'est pas votre cas et ce qui d'une certaine manière nous rassure ..."

Mantisse du souffle azuré aux portiques qui se révélaient, la troupe à la suite des nains, pénétra un arceau de vitrail ramifié dans lequel les images se renvoyaient les unes les autres pour ne plus former qu'une trame où l'invisible dominait, des marches descendaient des ramures épervières qu'il fallait circonscrire pour en appréhender les terminaisons et ainsi s'ouvrir un passage propice vers les suivantes dont les jeux ornementaux éclairaient une salle,

D'ivoire et de gypse, constellée de veinures bleuies dont les luminosités fractales renvoyaient des ondes colorées affinant des sonorités douces et nobles qui irradiaient l'atmosphère, dessein du message de paix arboré qui ne se montrait mais se déclamait par toutes faces de cet îlot de beauté où les sièges bas cristallisaient des splendeurs que tout un chacun aurait bien voulu posséder ne serait ce que l'ombre d'un instant,

Chacun pris place dans ces fumerolles légères, et l'onde envoûtée se tue pour laisser place à l'érection d'une table centrale qui figurait l'Ile du destin sur laquelle naviguait l'esprit de la cohorte, cartographie d'un monde miniature, chaque détail pouvait s'y éveiller suivant l'intensité du regard du visiteur, ainsi cernée de Hrim, l'Océan puissant, chaque rive pouvait se dévoiler au gré de la raison et de ses éventails de sagesse,

Gullveig était immense, non une Ile mais presque un continent face aux Iles reconnues par les membres de la cohorte, au nord une avancée de sable doux battue par le vent de la puissance, des roches en détail les venaisons de sentes en éclats qui striaient la gravure de ports hier nantis ce jour déchus, plus au sud déjà l'ambre d'une végétation superbe éclairant des rythmes de fenaisons que la moisson ne saurait reconnaître par le temps vécu,

Insigne en ce sein l'existant d'un Temple dont on ne devinait qu'une couronne frontale, dissipée au milieu de roches inaccessibles, moiteur des cieux et chaleur de la terre les effervescences bruyantes de rives ombrées par des eaux sulfureuses sortant du coeur de ses citadelles, à l'Ouest l'épanchement de rives noircies par les fureurs de la dépression de Hrim, une anse aux violences inassouvies qui inondait les parures de l'horizon,

Anse des tempêtes culminant au large les prouesses de la Nature dans ses dérives et ses dysfonctions les plus exaspérées où nul marin n'avait reconnu la densité de la Vie si tant écharpes des navires les conjonctions qui oeuvraient sur les plages en portance de ces écumes qui foudroyaient jusqu'aux arbres millénaires, à l'Est une calme latitude isolée et superbe, presque souveraine tant le calme y régnait, dichotomie des oeuvres,

La Nature ici y couvait des élytres de roches en chrysalides, des gemmes et des pierreries, toutes faces écloses tendues vers le pâle soleil qui dérivait d'esplanades en esplanades jusqu'aux limites d'un lotissement de forêts s'étendant les unes les autres dans un entrelacement curieux qui formait une frontière entre le nord et le sud, préservant cette dernière région des vastes épanchements de la Nature et de ses flots ourlés et fauves,

Là des fruits coralliens les premiers villages encore habités et des champs austères où ne vivaient qu'épars des faunes altérés, une surface jonchée par les travaux coutumiers, faits sans hâte et sans précipitation, travaux que l'on devinait dans l'escarpement tracé par les mains qui façonnèrent les rives naturelles dans une forge née de l'esprit et non laissée au hasard des passementeries de la végétation et de ses orbes adulés,

Annonciation de la ville haute, Hati, la capitale de ce lieu, immense et ruinée par le sort qui la conviait à la désespérance, par le corps lui même ouvragé, du feu de l'Océan au nord, et de chaînes de montagnes dissipées au sud nanties de neiges éternelles, toutes faces qui auraient dû lier une tempérance en son sein, qui si elle avait existé, ce jour ne se révélait plus, et marquait la ville d'une crispation qui se devinait dans ses méandres oublieuses ...


La Forge de l'Epée :

© Patinet Thierri .

ISBN 2-87782-090-4

Dernière Mise à jour ( Lundi 01 Janvier 2007 à 10:29 )