V DÉTACHEMENT

Désinence le fruit du Chant est en ce cri primal de la restitution de la Vie à la Vie dans sa flamboyance et sa détermination. Mais comment y parvenir ? Tous les chemins existent, tous ces chemins qui sont visités et sur lesquels restent de côté tant d’Etres Humains oublieux de leur réalité ! Il n’y a ici d’accroire, il faut conjuguer l’essor et sa maîtrise, l’aristocrate ambition d’Etre et de se mesurer à soi même pour en comprendre l’essence et la portée, ces ingrédients qui ne peuvent être mis de côté sous peine d’oublier le sens profond de la démarche qui va permettre à tout un chacun de se révéler et par delà cette révélation de se déterminer au-delà du chemin, par delà le chemin, dans le chemin le plus fascinant qui soit, celui menant vers la communion entre la transcendance et l’immanence.

Ici le lieu comme le lien sont de la temporalité les nécessaires écumes, ces foudroyantes extases de l’Ame qui s’adressent à l’Eternité et dont les fronts d’or pulsent le mouvement ordonné de chaque configuration qui se propose et dont chacun peut disposer dans la luminosité du Verbe, Magie de l’éloquence, Magie de l’incarnation et de la réincarnation dans le respire d’une prière qui est celle de l’onde majeure, de celle bruissant les infinis des univers en passementeries d’étoiles dans notre Chant de Vivant, dans cette vague portant par toutes les terres les stances des Peuples en métrique, les forces architectoniques qui se pressent et élèvent la densité vers son exposition magnifiée.

De l’éblouissement, commence le jeu du retour sur ce soi qui baigne de ses ténèbres, de son aube où de sa lumière, cette densité exquise qu’il convient de visiter pour en destiner la portée, inoubliable chemin à parcourir dans la sérénité, dans ce chœur de l’astre qui s’efforce et ne se force, dans ce corps du vivant qui ne se méprise mais se dit, dans ce cœur de la Vie qui brille au fin fond de chacun d’entre nous, mêmes dans les limites des sphères crucifiées qui ne savent plus s’ordonner pour s’accomplir et lentement se dégradent pour ne plus laisser briller dans l’ombre cette petite étincelle subtile, qu’il suffit de réveiller pour la voir de nouveau s’enhardir.

Le songe ici n’a plus de place, pas même le rêve, et la formule consacrée se dresse devant vos yeux pour en signifier les termes « Connais toi toi-même et tu connaîtras tous les fondements de l’Univers, Univers parmi les Univers », mais comment se connaître quand la calme attitude qui sied à la majesté d’Etre ne se désigne dans les pulsions, les passions, les désirs, les quêtes, les multiples facettes des sens désunies dans leur fonction et leur organisation, tous alités dans la permanence matérielle alors qu’ils peuvent virevolter, tels des papillons, de ci delà dans l’expression de la matérialité, de l’intellectualité, de la spiritualité, avenant ces arcs de triomphe où siège l’Unité matricielle de toute destinée de la compréhension de l’Humain.

Comment donc sortir de la Croix et de son chemin, sinon en premier lieu qu’en se détachant du superflu, de ces charges temporelles qui ne sont que prononciations du désir, non le désir d’Etre pour les Etres, mais le désir d’Etre pour soi, en ses enluminures, ses verroteries, toute cette pacotille qui sème la discorde dans le cœur des Etres Humains, tous ces pièges liés à l’appât soit du gain, soit du pouvoir, toujours liés à une auto satisfaction personnelle qui dessert les Etres, les Peuples, l’Humanité, auto satisfaction avenant tous les maux de la Terre, toutes les putrides langueurs, toutes les mortelles errances, tous ces phasmes qui se tiennent debout alors qu’ils ne sont que couchés.

Le superflu est ici, dans les acclamations, les honneurs, les apparences, le paraître, toutes ces notions qui doivent être intégrées afin de bien les comprendre et s’en débarrasser comme on se débarrasse d’un manteau usé, un manteau fait de jalousie, de haine, de stérilité, de mensonge, et pitoyable, de bêtise incarnée, un manteau rapiécé où l’Etre Humain se meurt et meurt pour des firmaments déchus, des incarnations désincarnées, des clameurs adulées qui ne sont que des remparts et des béquilles pour la monstruosité de l’atrophie qui les guide et les déploie dans ce qu’elle a de plus répugnant : la vanité, source de toutes les hérésies envers l’Humain, cette vanité source de l’orgueil et de ses déploiements qui ne sont que sources de perversion et de destruction.

Car ne l’oubliez, qui détruit sa légitimité d’Etre Humain détruit tout ce qu’il touche, tout ce qu’il enlace, et comment pourrait-il en être autrement ? L’atrophie son règne doit devenir l’atrophie de tous, la bassesse sa condition la bassesse de tous, la dénature son profit la dénature de tous, la faiblesse son écrin la faiblesse de tous, ainsi n’oubliez jamais cet essaim que vous rencontrerez partout, car il pousse comme le chiendent et convertit ses rimes par l’avidité, la puissance, la flatterie, toutes formes de la lâcheté qui prime dans son sort, cette lâcheté qui n’a rien d’Humaine car relevant de la servilité, ourdie par la jalousie, mère de l’incapacité à toute création, rive que vous côtoierez sachez le partout où vous serez amenés à vous prononcer en toute justice et en toute équité.

Ici la fonction du désir est déterminée, cette incapacité à créer l’engendrant jusque dans ses limites extrêmes, et c’est donc ici que vous devez dans un premier temps observer votre comportement dans les actes les plus ordinaires de la Vie, et ne vous y trompez vous verrez, peut être avec consternation, que vous êtes vous-mêmes conditions du désir dans une de ses formes ou de plusieurs de ses formes, et vous rétorquerais je devant cette connaissance, quoi de plus naturel, l’important est de le savoir et d’affiner en conséquence les objets de ce désir où de ces désirs, d’en comprendre la trame et d’en réduire petit à petit la temporalité, par un acte de reconnaissance, jusqu’au détachement le plus absolu de ces formes qui ne sont innées en vous mais acquises, non par curiosité saine, mais par une curiosité malsaine, née de l’incapacité à créer, mais aussi d’un effet de mode ou bien d’un effet de masse.

Car comme ce qui est en bas est en haut, ce qui existe au sein d’un Etre Humain peut exister au sein des Autres Etres Humains, on assiste ici dans la concrétion de tout ce que comporte la vanité à tout ce qu’il est possible et imaginable de voir, l’intelligence de la masse non éveillée se réduisant à portion congrue, sinon à la nullité, advient alors l’incarnation de la bêtise par essence. Regardez tout simplement comment la mise à mort d’un de leur semblable fait se comporter la masse des Humains, pire que le comportement des animaux, elle se précipite et chante dans une folie monstrueuse qui pour certains laisse à penser qu’il convient de ne pas s’en préoccuper et la traire à souhait, avant que de s’en débarrasser d’une manière ou d’une autre, ce qui n’est pas notre cas, car nous pouvons sinon la faire parvenir à un stade raisonnable au moins l’éduquer et lui permettre de s’élever dans un premier temps, puis ce passage acquis la voir naître à un comportement naturellement Humain, empathique par essence.

Si maintenant vous portez ces comportements de masse dans la matérialité la plus abrupte, vous comprendrez mieux pourquoi certains de vos semblables se précipitent qui sur la dernière vêture, qui sur le dernier écu, et avec quel panache en cette masse la vanité s’accomplit dans ce qu’il y a de plus méprisable, le nanti qui pavane comme un paon sur la misère de ses sœurs et de ses frères, ruisselant de leur sueur comme de leur sang, ignoble personnage qui n’est pas sur le point de s’élever au-delà de la crucifixion en laquelle il se vautre et se prostitue, traître par excellence à la condition Humaine, dévoyé et désaxé qu’il convient de traiter avec indifférence et non avec déférence, car la déférence se mérite, elle se gagne et n’est point objet d’un échange monétaire et encore moins d’un échange de désirs.

Vous reconnaissez vous dans ces images que j’agite devant vos yeux, j’espère bien car là est tout le travail qui vous permettra de vous dégager de leurs contingences morbides, nées de la désintégration de l’Etre Humain, qui semblable à une mer démontée est incapable de compter les vagues qu’elle compose, et lentement mais sûrement s’enfonce dans les ténèbres les plus profonds. Ne pensez un seul instant vous dégager dans la minute, dans la seconde, ce travail durera votre vie durant en cette temporalité qui nous anime et nous habite, il doit être une constante de votre permanence afin d’éclairer vos capacités et non vous entacher dans des cohortes qui semblent de félicité mais qui en fait sont des prisons de verre où chaque facette de la lumière brûle le regard, ce regard brisé, ce regard dévoyé s’éloignant de la réalité pour embraser une virtualité qui n’existe pas, et dans laquelle, tous les jeux sont semblent-ils permis, alors qu’ils ne le sont pas, car la Vie veille.

La Vie qui ne se contente de ces pauvres errements, de ces haillons qui font accroire, ces haillons dont chacun d’entre vous doit se détacher afin de naître à votre lumière intérieure qui n’a besoin des ardeurs de la faiblesse, des rives du déshonneur, des alluvions du désir, pour consteller l’immensité et parcourir le front de notre temporalité, initier au-delà des rêves comme des songes la pure viduité qui sied à l’Etre Humain, qui n’est en ce lieu pour se soustraire à la réalité mais bien pour l’apprivoiser et la rendre hospitalière à chacun, dans la tonalité de la capacité et dans la symphonie des complémentarités que devise l’Eternité. Ainsi au seuil de cette aventure que vous avez choisi de vivre par la Vie en la Vie et pour la Vie.

Seuil majestueux et éloquent dont chaque seconde est prouesse, dont chaque minute est gloire, dont chaque jour est honneur, dont chaque embrasement est conscient et destiné à la conscience collective, à cet atour que nous savons l’Humanité en ses multiples floralies, ses souches magnifiques qui de l’Occident à l’Orient sont félicités de bien des œuvres et de bien des chants dont l’Unité viendra dans le respect salvateur de leurs Identités épousées. Détachement donc de toutes les litanies, les pleurs et les gémissements, les tristesses et les conditions morbides, détachement donc de l’avanie, de l’imperfection et de ses ruisseaux stériles, détachement de l’appât du gain, de l’appât du pouvoir, le pouvoir venant de lui-même en la Capacité, détachement de tous ces phasmes qui dansent devant les yeux de l’Etre abstrait qui porte sa Croix et ne sait s’en détacher tant il est bienheureux en sa reptation, sa forfaiture, son ignominie, sa déliquescence, sa putridité, son aptitude reptilienne, détachement de la traîtrise, de la perfidie, de l’égoïsme, de la félonie, détachement de toutes ces routes sans issues qui ne sont que la prononciation de l’incapacité à vivre d’une multiplicité croulant sous les arcanes d’une servitude sans fin à leur atrophie.

Détachement toujours de la croix des damnés qui s’empressent et se congratulent, qui se réjouissent et se parjurent, détachement toujours de cette litanie des empressés et des coléreux, détachement de toutes ces bourrasques des sens non maîtrisés qui vont et viennent des perceptions sans lendemains, des croyances ignorantes, des faiblesses enhardies, des calvaires qui se louangent, toutes faces de métaux vils qui s’imaginent détenir le sacre alors que comme le vent, le Sacre ne se porte que là où il veut et sur le front unique de la Capacité et non de la couardise, de la bêtise, car le sacre ni ne s’achète, ni ne se monnaye, le Sacre est l’incarnation et l’incarnation ne naît où l’on veut, où l’on souhaite, sinon que dans son propre cœur, lavé du frisson des sensorielles paresses, des désirs sans réalité, des mimétismes apeurés.

Détachement encore, de soi, dans l’ardeur de la beauté qui sied à la Chevalerie, dans ce don de sa personne à la préservation de la Vie, dans ce chant si précieux qui ordonne la magnanimité, détachement en chaque acte de la Vie afin que la Vie rayonne dans sa plénitude, celles des Autres, et contrepartie naturelle la sienne propre, dans cette conjonction merveilleuse qui unie les Etres, cette conjonction tant oubliée dans le feu des citadelles et des cités par ces terres parcheminées par les guerres et les outrages, détachement toujours jusqu’en la victoire, détachement encore jusqu’en la mort qui vient et vous frappe dans le combat ou bien naturellement, la Vie veillant et toujours initiant ce passage qui n’est qu’un passage parmi d’autres passage, où l’Action demeure et se perpétue.

Ainsi dans cette aube qui vous verra ceindre l’armure de nos armes, cette Croix de laquelle vous devrez vous élever afin de regarder au-delà des apparences, et de votre propre apparence, ce glaive étincelant qui n’est là que pour protéger les faibles et les opprimés, cet écu qui est là pour protéger vos compagnons et votre propre vie, ainsi dans cette aube qui viendra demain, je vous le déclare, pour beaucoup le chemin sera encore long, pour d’autres plus courts, mais sachez que votre fraternité sera conjuguer votre propre essor et de votre essor l’essor de vos frères, mais avant de vous ouvrir à cette fraternité je vous invite à reconnaître la voie de la contemplation qui permettra à chacun d’entre vous de se destiner suivant ses capacités dans la raison de l’Ordre de la Vie, en apprenant ce détachement total et inconditionnel qui est nourriture de la Vie…


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