VIII DIVINITÉ

L’heure profonde qui vous enseigne désormais vient son terme, et dans ce jour éclatant, sans mystères des cieux, des étoiles et des mondes, et dans ce jour étincelant la novation naturelle de vos Etres, en cette union qui vient de se réaliser de vos principes et de vos sens, harmonie de votre nature profonde en la nature éternelle, cette heure vient l’adoubement de vos cœurs à la consécration de vos devoirs et de vos droits en cette enceinte et au-delà en l’enceinte de ce monde avant que de reconnaître d’autres mondes et d’autres chants, prenez mesure et soyez dans le couronnement la mesure même de votre ordination.

Car d’ordination s’agit-il, ordination à l’écume de ce monde, ordination à son déploiement, son agencement, ses forces et ses stances, qui seront ce que votre participation, poussière d’étoile dans la sphère des pouvoirs, rayon dans la sphère incarnée, en fera, dans la loyauté, la promesse de la lumière, la charité souveraine, la miséricorde alliée, la tempérance et le Don de vos personnes, participation en vos définitions personnelles qui alliées avec les définitions de chacun des membres de notre Ordre permettra, autant que faire, d’épanouir ce sens inné de l’Humain, celui de l’empathie naissant dans la Liberté magnifiée.

Ainsi en cet acte qui vient et déjà se reconnaît, dans la compréhension de sa signification qui est celle même du déploiement, nos armes vous attendent, l’un après l’autre dans la tenue officiée qui marque la marche de votre entrée dans ce monde, en Humain libre et volontaire, dans ce monde dont vous serez arcades et nefs, dans ce monde que vous guiderez, veillerez, autant que vos forces le permettront, dans le seul dessein de naître tout un chacun à la Voie suprême, cette Voie qui sera toujours votre guide dans les moments les plus douloureux, dans les épreuves les plus dures, dans les combats décisifs et dans ces instants de réflexion qui fondent ce Monde et son Humanité.

Prenez mesure, et avant même genoux à terre, non par soumission mais par souci d’une humilité naturelle devant la force et son flamboiement, prenez mesure du vol de l’épée au dessus des eaux, saluant le ciel, la terre et frappant de ses ailes vos épaules droite pour le vent semeur de toutes novations, vos épaules gauche pour vous rappeler le monde des eaux en lesquels baignent la plupart des Humains, et dans l’essor la rencontre de ce poing qui est le représentant de la puissance de laquelle vous devez désormais vous inspirez, une puissance naturelle qui n’a besoin de l’autorité pour se confirmer, une puissance qui n’a de limite que vos propres limites, et qui guidant l’espérance et la Foi sera naître en chaque face de notre Monde cette harmonie qui se témoigne.

Ici dans l’épée qui vous est remise, flamboyant du soleil invincible, symbole de cette puissance qui est là pour défendre la Vie par tous les royaumes qu’ils soient de notre Terre ou des Cieux, qu’ils soient dans les cœurs comme dans les Esprits, toujours, non pour conquérir des biens matériels mais ce bien inestimable qui est celui de l’estime avenant la vocation, celle qui mène vers ce dépassement de l’Etre Humain, en ses écrins, en ses essors, au-delà de cette croix qu’il porte comme l’esclave les fers, afin que dans la Liberté s’épanouisse sa valeur qui est majesté naturelle.

Là l’écu, firmament de la défense de tous, et de vous-mêmes, de la défense des faibles, des opprimés par tous lieux, en tous lieux, des malades et des déshérités de la Terre en lesquels veille cette étincelle de la Vie qui jamais ne doit périr pour servir dans l’asservissement, la décrépitude et le malheur, écu de la vaillance frappé de cette Croix qui restitue à sa demeure l’élan qu’il doit développer afin d’enhardir toutes causes qui semblent perdues devant l’adversité, devant la félonie, devant la forfaiture, veille d’avant-veille terrassant les intrigues et les louanges, l’hypocrisie consécutive et ses méandres malfaisants.

Epée, Ecu, armure, l’armure du Vivant, du combattant de la Vie, du guerrier impassible de la Vie en la Vie et pour la Vie dont la nature s’évoque sans qu’il soit besoin d’en détailler les caractères essentiels, honneur et silence, délaissant à la vacuité les gloires aux mornes stériles qui s’enlisent dans le brouhaha servile de leur atrophie en mal de louange, la Vie se suffisant en son respire pour consacrer la Vie et ses essors souverains.

Debout Chevaliers ! Et n’oubliez jamais que ce titre se mérite, qu’il n’est émérite ni sur le champ de bataille, ni dans la vie courante, et qu’il peut être retiré sans qu’un cil ne bouge de vos commanderies, car telle est la volition intérieure de chacun qu’aucun d’entre nous ne saurais circonvenir à la devise de la Vie comme de la Voie son fleuve impartial, qu’il n’y aura jamais de place pour la faiblesse ni la lâcheté en nos rangs, que le Don de notre Vie à la Vie est le don le plus précieux que nous puissions donner pour que la Vie suive son cours, que la peur y existe, c’est tout à fait naturel et ce serait contraire à toute notion vivante si elle n’existait pas, qu’elle soit conseillère, certes, mais qu’elle soit sujet de méprise et de désertion devant n’importe quel événement, cela ne se conjuguera jamais avec notre destin.

Debout Chevaliers ! En l’œuvre et par l’œuvre désormais devez vous prospérer ! Et dans ce monde aller au-delà des signes qui nous constellent à la rencontre de la vaillance, à la rencontre de votre dépassement personnel, jusqu’aux confins des déserts, jusqu’aux confins des forêts les plus profondes, jusqu’aux Iles les plus inabordables, en semence du verbe, en semence du Chœur qui est devise de l’Humanité, cette Humanité dont nous devons aider à l'épanouissement ou la résurrection, dans l’aristocrate sérénité qui se doit, cette sérénité du Vivant voyant au-delà des rives le fleuve se développer, s’enhardir, joint d’affluents en nombres, hâlant l’irisation du souffle vers ces mers magnifiées, ces océans épousés, insignes de cet horizon qui nous est commune mesure, le ciel en ses prouesses.

Debout Chevaliers ! Il n’est plus temps maintenant pour les devises, les contemplatifs desseins, les augures familiers, il est temps de prendre la Vie à pleine main et l’amener à sa légitimité en quelque lieu que cela soit, dans les méandres des pouvoirs sibyllins, dans les configurations royales ou impériales, dans ces anti-chambre des secrets, des raisons et des actes en sillons, dans ces cénacles où le feu couve l’ardeur des sens, des atrophies, et les buboniques tempérances de la lie qui se croit debout alors qu’elle n’est que reptile incarnation, tombe d’avant la tombe dont toujours nous guerroierons les nombre pervers et impie envers la Vie, cette Vie qui vous attends, cette Vie qui vous appelle !

Debout Chevaliers ! Marbre de ce temple en ce temple qui est en vous, que vous incarnerez sans limite tant dans votre vie que dans votre mort, comme rempart à la cruauté, rempart à l’asservissement, rempart à la fétidité, la dépravation et le déshonneur! Mesurez le sens de cette parole qui suit car elle vous sera partout où vous irez, elle sera votre devise dans l’incarnat de la volition qui vous guide et vous anime : " que le sort n’est contraire qu’à la contrariété qui s’affine et s’éblouie de ses propres oublis, que le sort ne peut être contraint mais bien plus souvent renversé par sa propre force qui naît d’une faiblesse passagère" !

Debout Chevaliers ! L’horizon vous presse, et vos escouades déjà en armées, vous allez ces premiers sillons en ce lieu de la Terre Sainte protéger les pèlerins de notre monde, tous ces visiteurs qui viennent naître à la réalité du chemin de Croix de notre Seigneur Jésus Christ, que vous avez désormais dépassé et que vous devez désormais ouvrager sans relâche, sans abandon, jusqu’à votre dernier souffle, dans ce sens inné de la devise Humaine, qui ne se laisse abattre par le fardeau, par le chemin lui-même, par cette Croix dont le symbole tourbillonne désormais jusqu’en vos armures flamboyantes.

Debout Chevaliers ! L’heure n’est au guet, mais bien dans l’aventure à naître, la votre en vos écheveaux compris et statués, celle de l’Humain en ses tourbillons de feux et ses telluriques dimensions, celle de l’Humanité en sa raison et son devenir, dans un Coeur juste, dans un Corps vaillant, dans un Esprit sain, dans une Ame irréprochable, dans une Unité lumineuse, symbiotique écrin qui doit naître symbiotique toutes faces du vivant, de la plus éclairée à la plus ténébreuse, par tous les chants, par tous les hymnes, en répond de la Voie qui se prend comme volition, ordonnance et destinée, au-delà des apparences, des atermoiements, des concaténations involutives qui brisent l’Humain en de multiples errances, ces errances qui sont là, sous vos yeux et que vous devez dans la compréhension relever de leur faillite, de leur incommensurable couronnement de l’ignorance.

Voici le Temps, et le temps est venu, et déjà je vous vois partir, le cœur palpitant de l’ouvrage à venir, et là dans cette citadelle fidèle, résonnent les sabots de vos chevaux qui vous portent vers les racines du monde, sans inquiétude, sans démarche impérieuse, sans délétère satisfaction, sans ces scories qui vrillent l’Univers en des coordonnées sans lendemains, et dont vous allez sur votre route découvrir les parchemins, ces parchemins d’intrigues et de voussures, ces parchemins n’ayant toujours pour but que de vouloir s’accaparer un quelconque pouvoir par des nains qui se fraient des passages à travers la débauche, la luxure, la pacotille et la verroterie affligeante qu’ils traitent avec usure.

Voici le Temps, et que Dieu vous garde en vos moissons, vos fenaisons, et vos semailles, car le néant est toujours là prêt à détruire le vivant pour conserver les apparences de ces pouvoirs qui se déchirent, s’entretuent, toujours dans le carnage s’étoffent sans remords de prouesses inutiles et de victoires sans avenir, tant en leurs lieux les mortelles errances qui paradent, qui se livrent à cette bestialité sans nom et sans nombre qu’ils appellent leur bien, leur richesse, leur réussite, tout d’apparaître qui sue la mort et le sang de milliers d’Humains, tout de paraître qui est tombe de centaine de milliers d’Humains, et bien plus dans les temps qui viendront au regard des armes grées qui se répandent et se répondent.

Voici le Temps, Chevaliers de notre Temple, où condition l’action est motrice de la reconnaissance de vos talents, dans ces épopées qui parleront de vos actes, dans ces écrins de l’écriture en semis qui illumineront les cœurs des enfants, de vos enfants et des autres enfants à travers ce monde qui gravite encore sa nature matérielle, inféodée à ces prismatiques errances où l’animal se révèle plus intelligible que la plupart de nos frères et de nos sœurs, endeuillés de leur liberté, qui se vautrent dans le fumier du fumier de celles et ceux qui leurs mettent les fers aux pieds, ces tyrans en tout genre, ces hypocrites de renoms, ces féaux de l’innommable, ce ramassis de sous humain qui invite tout un chacun à s’imprégner de leur odeur de charogne en la prétendant divine.

Voici le Temps et ce temps estompe les rimes des rives qui s’effeuillent, et demain sera un autre jour comme d’autres jours seront demain, dans les degrés des temps de chacun qui façonnent l’action et animent ce séjour, et vous connaîtrez de belles victoires mais aussi des chutes suprêmes comme il en existe tant dans l’histoire Universelle qui nous parle et nous enseigne, mais tant qu’il restera un seul d’entre vous dans la Lumière et l’espérance, tout sera toujours renouvelé, et même si vous veniez tous à disparaître, le règne de l’Esprit circonviendra cette disparition pour renaître votre Esprit de son sommeil éternel.

Car il en ainsi, que rien ne pourra détruire l’Esprit qui vous guide et vous fertilise, et au-delà des armes matérielles, l’arme de l’Esprit qui vous anime sera toujours présente pour ouvrir les yeux des Etres Humains à votre parousie, cette destinée sans failles qui frappent aux portes de la capacité, de l’épanouissement et de l’Harmonie, par delà les stériles grandeurs qui n’ont de grandeurs que les mers de sang qu’elles surgissent, que les mers de larmes qu’elles ne tarissent, que les mers de sueurs qu’elle n’étanchent, toutes routes involutives qui ne peuvent lutter contre l’essentiel, l’Esprit, qui ouvragé par la Liberté, toujours se renouvelle afin d’advenir la perfectibilité, l’essence même du devenir Humain.

Ainsi Chevaliers du Temple, partez en paix, cette paix de la divinité qui est le ferment de l’avenir, et que rayonne par delà la splendeur la simplicité de la Lumière en vos yeux, en vos voix qui enchantent ces lendemains qui chantent, ces lendemains qui rendront à l’Etre humain comme à l’Humanité son aristocrate détermination, en sa multiplicité, en ses Identités, en son rayonnement qui n’appartient à aucun d’entre nous, à aucun Etre Humain quel qu’il soit, mais à l’ensemble des Etres Humains, tout Etre Humain étant parcelle de la Divinité et terrain de son évolution, ainsi Chevaliers du Temple par l’Eternité, pour l’Eternité, par la Voie en la Voie, par delà le chemin de Croix, allez en Paix dans ces Royaumes afin d’œuvrer à la naissance du Royaume Humain, voie vers l'Absolu, dans la tempérance, la vaillance, le courage, la détermination, la volonté et l’abnégation !

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